L’Assemblée nationale a adopté jeudi le projet de loi n°25/2026 relatif à la protection des infrastructures d’information critiques et à la sécurité numérique, un texte destiné à renforcer le dispositif national de cybersécurité.
La nouvelle législation permet notamment aux autorités compétentes d’imposer, dans certains secteurs ou à certaines catégories d’acteurs particulièrement exposés, la souscription d’une assurance contre les cyberattaques lorsque le risque de dommages importants est élevé.
Elle prévoit également que le stockage des données sur le territoire national soit assuré par des infrastructures publiques appartenant à l’État et par des prestataires privés agréés. L’Autorité nationale de cybersécurité devra définir les référentiels nécessaires à l’homologation des fournisseurs privés de services cloud.
Des dérogations pourront toutefois permettre, à titre exceptionnel, l’hébergement ou le traitement de certaines données à l’étranger, compte tenu de la dépendance technologique du Sénégal.
Le texte consacre par ailleurs le principe général de cybersécurité et prévoit l’élaboration de référentiels et de normes techniques encadrant notamment l’utilisation des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle.
Selon le ministre des Télécommunications et du Numérique, Samba Diouf, cette réforme vise à adapter le cadre juridique aux nouvelles menaces du cyberespace, parmi lesquelles le terrorisme, l’espionnage, le piratage informatique et les risques liés aux erreurs humaines.
Il a également souligné que le projet de loi entend favoriser l’autonomie stratégique et la souveraineté numériques, conformément aux orientations de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », en confiant certains services essentiels de cybersécurité à des prestataires agréés.
Cette orientation devrait contribuer, selon lui, à structurer une véritable économie de la cybersécurité autour d’acteurs nationaux de confiance.
Intervenant lors des débats, le député El Malick Ndiaye a, pour sa part, appelé à renforcer la sécurité des équipements personnels et professionnels, notamment les téléphones portables et les ordinateurs, susceptibles de donner accès à des données sensibles en cas de perte, de vol ou de compromission.
Le projet de loi vient ainsi compléter le dispositif juridique sénégalais déjà consacré à la confiance numérique, à la cryptographie, à la protection des informations sensibles de l’État, aux communications et transactions électroniques ainsi qu’à la lutte contre la cybercriminalité.
Salla GUEYE


