Arrivés au Sénégal en novembre 1976, les Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) célèbrent, cette année, leur jubilé d’or. Entre héritage et défis de l’autonomie, le Père Vincent Waly Diouf, Supérieur de la Délégation, revient sur un demi-siècle de mission au pays de la « Teranga » et en Guinée Bissau au service des plus démunis.
Ils sont caractérisés par une passion pour le Christ, un dévouement total aux pauvres et un engagement envers les plus abandonnés. Ils se distinguent par leur disponibilité à la mission, leur vie communautaire et leur profonde dévotion à Marie.
Et ils sont reconnaissables à la croix qu’ils portent fièrement sur la poitrine. Un signe qui ne les quitte jamais, à l’image de leur engagement auprès des « délaissés ».
Depuis novembre dernier, la famille des Missionnaires Oblats est en fête. Ce jubilé, ouvert à Nguéniène (terre de leur première mission), marque cinquante ans d’une aventure humaine et spirituelle hors du commun.
L’histoire de la congrégation au Sénégal est celle d’une résilience. « Tout a commencé par une suggestion faite au Cardinal Sarr », rappelle le Père Vincent Waly Diouf.
En 1976, alors qu’un groupe de missionnaires italiens est expulsé du Laos par le régime communiste, la providence les conduit vers les diocèses de Dakar et Kaolack. Ces neuf pionniers, malgré le choc de l’expulsion et la barrière culturelle d’un pays majoritairement musulman, ont su transformer leur zèle en action.
De Nguéniène à Kaffrine, jusqu’aux confins de la Guinée-Bissau, les Oblats ont tissé un réseau de fraternité qui compte aujourd’hui 13 communautés dynamiques.
En cinquante ans, le visage de la délégation a radicalement changé. Si les pères fondateurs venaient d’Europe, la délégation est aujourd’hui composée à 99 % de Sénégalais et de Guinéens.
« Autrefois, les missions disposaient d’importants moyens financiers. Aujourd’hui, nos ressources sont plus limitées, mais notre détermination pour le salut des âmes reste intacte », confie le Père Vincent Waly Diouf.
Cette autonomie s’accompagne d’une ouverture sur le monde. Beaucoup d’Oblats sénégalais partent désormais en mission dans d’autres pays comme le Brésil, l’Argentine, la France et l’Italie. Tandis que le Sénégal accueille à son tour des confrères venus du Nigéria, du Cameroun et du Congo.
Pour le Père Vincent Waly Diouf, ce cinquantième anniversaire n’est pas qu’une célébration nostalgique ; c’est un temps de conversion personnelle et communautaire.
Outre les pèlerinages à Temento et la forte présence attendue au sanctuaire marial de Popenguine, l’accent est mis sur la « paix intérieure ». « Sans fraternité vécue, la mission est impossible », insiste-t-il.
En invitant de jeunes Italiens à Mbour pour une mission populaire avec la jeunesse locale, la congrégation prouve que le feu allumé par Saint-Eugène de Mazenod depuis janvier 1816 brille encore intensément sous le soleil de l’Afrique de l’Ouest.
Par Mamadou GUEYE

