À « Kullimaaroo », les blessures laissées par les violences côtoient désormais de nouvelles perspectives d’avenir. Pour renforcer l’accompagnement des jeunes filles victimes de violences, ONU Femmes a procédé, ce jeudi 10 septembre, à une remise de matériel au centre implanté à Ziguinchor, qui accueille des pensionnaires venues des régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. Une convention de partenariat a également été signée entre les deux structures.
ZIGUINCHOR – Le directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Maxime Houinato, et la représentante-pays d’ONU Femmes Sénégal, Dr Arlette Mvondo, ont participé à cette initiative destinée à renforcer le paquet de services du centre. Le matériel remis, notamment des lits, des congélateurs et des équipements didactiques, doit contribuer à améliorer les conditions d’accueil et à soutenir la reconstruction des jeunes victimes. Au cours de sa mission en Casamance, Dr Maxime Houinato dit avoir été marqué par la résilience de femmes et de jeunes filles confrontées à de nombreuses difficultés. « Nous avons rencontré des femmes, notamment des veuves, qui se mobilisent dans l’agriculture tout en investissant dans l’éducation et la santé de leurs enfants. Dans ce centre, nous avons aussi découvert de jeunes filles qui, après avoir connu de lourdes difficultés, ont réussi à se relever et à obtenir de brillants résultats », a-t-il déclaré.
Selon lui, les difficultés rencontrées par ces jeunes filles ne sauraient être considérées comme des échecs individuels. « Leur échec ne doit pas être considéré comme le leur. Il est aussi lié aux fragilités de la famille et de la communauté. Ces jeunes filles ont subi des violences et des situations difficiles qui n’ont pas toujours été dénoncées », a-t-il souligné. L’appui d’ONU Femmes vise également à renforcer leur développement intellectuel. « Nous voulons les accompagner avec du matériel didactique pour leur permettre de mieux comprendre leur environnement et de prendre conscience de leurs capacités ainsi que du rôle qu’elles peuvent jouer dans la reconstruction de la société », a expliqué Dr Houinato. Créé en 2015 par la Plateforme des Femmes pour la Paix en Casamance avec l’appui d’ONU Femmes, « Kullimaaroo » accompagne les victimes jusqu’à leur réinsertion. « Kullimaaroo est un espace d’accompagnement des victimes de violences, avec pour objectif de les conduire progressivement vers leur insertion économique, professionnelle, scolaire et sociale », s’est réjouie sa directrice, Sira Corréa. À travers ce partenariat, « Kullimaaroo » entend ainsi poursuivre sa mission : offrir aux jeunes victimes un cadre de protection, de reconstruction et, surtout, une véritable passerelle vers l’autonomie.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


