Poursuivie pour abus de confiance portant sur 4,860 millions de FCfa, A. T Song, gérante d’un point de transfert d’argent à Sacré-Cœur 2, a été condamnée à 6 mois de prison dont 3 mois ferme.
La dame A. T. Song a-t-elle détourné l’argent du point de transfert Wave qu’elle gérait à Sacré-Cœur 2 pour ouvrir le sien ? Son désormais ex-employeur, M. Baldé le croit formellement. Il s’y ajoute que, le vendredi 15 mai 2026, devant la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar, elle a livré une version troublante des faits.
Poursuivie pour abus de confiance portant sur 4.860.000 FCfa, elle a prétendue être envoûtée par un inconnu. Selon elle, ce jour-là, l’homme, en grand-boubou, un exemplaire du Coran et un chapelet entre ses mains, lui avait demandé un endroit pour accomplir la prière de « Tisbar ». Méfiante au début, elle lui aurait ensuite accepté.
Il lui aurait, par la suite, demandé de tendre les mains afin de formuler des bénédictions en guise de remerciement. « À partir de cet instant, je n’étais plus maîtresse de mes actes », a affirmé la prévenue, soutenant avoir remis à l’homme les 4.300.000 FCfa qui étaient dans la caisse, ainsi que les 560.000 FCfa issus de la vente des produits cosmétiques.
Elle a allégué que le visiteur aurait quitté les lieux en laissant sur le comptoir les trois téléphones servant aux transactions. Sous le choc, elle dit s’être enfermée dans son bureau pendant plusieurs heures et, c’est 15 jours plus tard qu’elle raconta sa mésaventure à son employeur, M. Baldé qui était hors du pays. Celui-ci, revenu au Sénégal, le 22 avril dernier, doute de la version de la prévenue.
Il a rappelé que son employée manifestait habituellement le moindre déficit de caisse, même lorsqu’il ne dépassait pas 10.000 FCfa. M. Baldé a aussi indiqué avoir appris que la prévenue s’était renseignée sur les conditions d’ouverture d’un point Wave et qu’on lui aurait parlé d’un investissement d’environ 4,5 millions de FCfa. Une allégation rejetée par A.T. Song qui a expliqué qu’un de ses oncles vivant aux États-Unis lui avait promis un financement.
L’avocat de ce dernier a réclamé 5 millions de FCfa de dommages et intérêts, non compris la somme de 1.950.000 FCfa déjà remise. Le parquet a requis l’application de la loi pénale. Les avocats de la défense ont soutenu que le reliquat réel s’élevait à 2.285.000 FCfa, affirmant que M. Baldé avait lui-même récupéré 625.000 FCfa dans la caisse. Ils ont plaidé une application bienveillante de la loi. Après délibéré, la gérante a écopé de 6 mois de prison dont 3 mois ferme et 4 millions de FCfa à verser à la partie civile.
Hadja Diaw GAYE


