Le 4 avril, au cœur des célébrations de l’indépendance du Sénégal, Abdou Sène reste droit, comme à son habitude. Dans le protocole précis de la cérémonie, son nom résonne. Quelques pas, un salut, puis la distinction. L’adjudant-chef est fait Chevalier de l’Ordre national du Lion par le ministre des Forces armées, Biram Diop. Sobre, discret. À son image.
Derrière cette médaille, près de trente années de service. Un parcours construit pas à pas, sans raccourci.
Tout commence en 1997, à Bango. Là où se forgent les bases, discipline, endurance, sens du collectif. Abdou Sène apprend vite, mais surtout, il apprend juste. Ses premières affectations le conduisent ensuite à Ziguinchor, puis Bignona et Kolda. Dans ces villes, il découvre les réalités du terrain, la nécessité de l’action juste et mesurée, et le sens du service qui ne laisse pas de place à l’à-peu-près.
Au fil des années, son parcours s’élargit. De la Garde présidentielle au Secrétariat général de la Présidence de la République, les environnements changent, les exigences aussi. Mais une chose demeure, sa capacité à s’adapter. Dans ces espaces où la rigueur est loi, il s’impose sans bruit, gagnant la confiance de sa hiérarchie.
Ce qui distingue Abdou Sène, c’est cette double compétence qu’il a patiemment bâtie. Homme de terrain, il en connaît les réalités et contraintes. Mais il maîtrise aussi les rouages administratifs, les circuits de décision, la gestion des dossiers complexes. Une polyvalence rare, qui le conduit aujourd’hui à diriger le Service Administratif et Technique du Centre des Affaires Immobilières de la Gendarmerie nationale.
Son parcours porte aussi la marque d’une ouverture continue. Formé à Ouakam, perfectionné à Fatick, puis à Rabat, au Maroc, il enrichit ses compétences sans jamais perdre le sens du terrain.
À l’international, il répond présent. À Kananga, en République démocratique du Congo, puis à Bangui, en République centrafricaine, il participe aux missions de maintien de la paix. Dans ces contextes fragiles, l’essentiel resurgit : servir avec rigueur, même dans l’incertain.
Chaque étape de ce parcours raconte une fidélité : à une institution, à une mission, à une idée simple et profonde du devoir.
La médaille reçue le 4 avril ne transforme rien. Elle révèle ce qui, depuis longtemps, était là, un engagement solide, discret, constant. À travers Abdou Sène, c’est toute une génération de sous-officiers qui se reconnaît. Ces femmes et ces hommes tiennent leurs responsabilités sans bruit, et assurent, chaque jour, le fonctionnement de l’État.
Papa Abdoulaye Sy


