La Haute autorité du Waqf (HAW) a tenu, mardi 12 mai 2026, un webinaire stratégique consacré aux évolutions du cadre légal et aux perspectives du Waqf au Sénégal. Inscrit dans son programme scientifique annuel, l’échange a permis de mettre en lumière les limites de la loi n°2015-11.
Invité à analyser le dispositif, Issaka N. Mounkalla, juriste à la Direction générale du Trésor du Niger, a relevé une « inadéquation » dès l’article premier de la loi, estimant la définition actuelle problématique. L’expert a également pointé une fiscalisation jugée excessive du Waqf public, ainsi qu’une protection juridique inégale au détriment des initiatives privées.
Autre critique formulée : la rigidité des délais de mise en conformité. Le juriste a également déploré un manque de « pédagogie juridique », rappelant que « le Waqf est une innovation et les citoyens ont besoin de temps et d’accompagnement pour s’y adapter ».
Un autre point sensible concerne le statut de la HAW elle-même. Son absence de personnalité juridique limiterait son efficacité. « Cette absence handicape la HAW dans ses fonctions de gestion, d’administration, de contrôle et de supervision », a souligné M. Mounkalla, estimant nécessaire de lui conférer ce statut ainsi que des moyens renforcés pour réussir l’immatriculation des biens.
Face à ces insuffisances, l’expert recommande une révision des documents types, en collaboration avec les notaires. Il estime que « l’enjeu est de transformer ces limites en défis pour faire du Waqf un véritable outil de développement inclusif au Sénégal ».
Aliou DIOUF

