A Ziguinchor, les principaux acteurs de l’action anti-mines ont lancé hier, un chantier décisif pour repenser et harmoniser les messages de prévention, afin de mieux protéger les populations et accélérer la reconquête des territoires encore marqués par les engins explosifs.
ZIGUINCHOR– Dix-huit ans après la mise en place des premiers outils d’éducation aux risques des engins explosifs, le Sénégal ouvre une nouvelle étape de sa lutte contre les mines. Réunis à Ziguinchor pour un atelier de deux jours financé par le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères, élus de Casamance, spécialistes du déminage humanitaire, responsables de l’éducation aux risques et partenaires travaillent à harmoniser les messages destinés aux communautés exposées.
L’objectif est clair : dresser l’état des lieux des outils existants et concevoir des messages plus simples, plus cohérents et mieux adaptés aux réalités du terrain. Pour Abdourahmane Bâ, chef de projet RVA à Humanité & Inclusion, les outils de communication doivent être entièrement réactualisés.
« Près de deux décennies après leur conception, les réalités ont profondément changé. Cette révision est indispensable pour bâtir une stratégie d’action anti-mines plus efficace », a-t-il soutenu. Poursuivant son intervention, M. Bâ estime également que « déminer, c’est permettre aux populations de retrouver leurs terres et leur avenir et les outils qui sortiront de cet atelier contribueront à rapprocher le Sénégal de son objectif d’un territoire libéré des mines ».
Au nom des élus de Casamance, le maire de Santhiaba Manjack, Ousmane Djicoumène Diatta, a rappelé le lourd tribut payé par les populations. « Les mines continuent de freiner le développement économique de la Région et privent les habitants d’une partie de leur liberté. Cet atelier représente une véritable lueur d’espoir pour les communautés, car le déminage constitue le premier pas vers la reconstruction durable de la Casamance », a-t-il affirmé.
L’édile a ajouté que « les collectivités mettront tout en œuvre pour accompagner les équipes de déminage humanitaire dans leur mission ».
Même constat du côté du directeur du Centre national d’action anti-mines au Sénégal, Salomon Diédhiou.
« Les outils élaborés il y a près de vingt ans ne répondent plus pleinement aux défis actuels. Il est donc essentiel de les revisiter afin de rendre l’éducation aux risques plus efficace et de mieux protéger les populations », a-t-il expliqué. Selon lui, « les nouveaux supports devront être simples, accessibles et permettre à chacun d’identifier rapidement un danger, car reconnaître un risque, c’est déjà sauver des vies ».
L’ancien responsable à l’Ong Catholic relief services (Crs) a également insisté sur « la nécessité de renforcer la cohérence des messages et de favoriser leur appropriation par tous les acteurs, en étroite coordination avec les forces armées chargées de l’aspect sécuritaire ».
Gaustin DIATTA (Correspondant)


