Dakar Dem Dikk est un moyen de transport de masse qui, depuis bien des années, avec ses nombreux bus, relie les quartiers périphériques à la capitale. Sur la ligne numéro 7, les plaintes et les bousculades se côtoient au quotidien.
La ligne 7 dessert Ouakam et le centre-ville. Très prisée du fait qu’elle soit la seule à assurer ce trajet, elle regorge d’usagers frustrés au moment où ils s’y entassent. Le bus, dont l’arrêt se situe à la cité Assemblée de Ouakam, est le point de départ d’une longue série de griefs.
Nous sommes un mercredi. À 9 h, les usagers affluent déjà au niveau du terminus. Les queues se forment pendant que les bus stationnés au niveau de ce terminus attendent leur heure de départ. « Ku mujj ci rang bi ? (Qui est le dernier sur la file ?) », est la première question essentielle à poser, après les salamecs (Ndrl : les salutations en Wolof).
De nombreux usagers, assis sur les bancs d’attente, s’impatientent. L’une d’entre elles craint déjà un bus bondé du fait d’un temps d’attente prolongé. Étudiante à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Fatou Niang étale son déplaisir face à la gestion de la ligne 7.
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« En fait, c’est surchargé et les gens s’entassent. Parfois même, il y a des voleurs qui entrent dans les bus pour prendre nos téléphones ou autre chose, petit larcin », explique-t-elle tristement, réajustant son sac sur le dos et réajustant machinalement le voile sur la tête.
Fatou Niang ne se contente pas de dénoncer seulement. Elle suggère une solution pour remédier à la situation. « Ce qui est préférable, c’est que si le bus est déjà plein, le chauffeur parte directement sur son trajet. Sans attendre son heure de départ. Ensuite, un autre vient pour prendre les usagers restants, ou bien il faut qu’ils augmentent le nombre de bus », suggère-t-elle.
Sur la ligne 7, les griefs se chevauchent et varient. Si certains dénoncent la surcharge, d’autres par contre fustigent le manque de monnaie chez certains receveurs, ce qui constitue souvent une source de tensions entre usagers et personnel de Dakar Dem Dikk. Et cette question, Mamadou Ndoye n’arrive toujours pas à la comprendre. Son principal différend avec le personnel de bord se situe à ce niveau.
« Le matin, au lieu d’aider les clients, ils ne le font pas. Ils leur demandent d’aller chercher de la monnaie. Si tu as même un billet de 1 000 francs, le gars te dit de descendre du bus », fulmine le sieur Ndoye, qui ne peut tolérer cette situation. À tel point qu’il ne manque pas de conter un incident survenu sur cette ligne.
« Un jour, j’ai eu un problème avec un receveur parce qu’à hauteur de Mermoz, il a stoppé le véhicule le matin et nous a fait perdre beaucoup de temps pour aller voir un gendarme. Quand le gendarme est venu, je lui ai expliqué la situation. Il a alors demandé au receveur de reprendre le bus et d’amener les clients à destination », narre M. Ndoye, en terminant avec fierté : « C’est ça qui est normal. »
Le cortège de la République
Face au mécontentement grandissant des usagers, la réaction du personnel ne se fait pas attendre. Du côté des receveurs et des régulateurs de la ligne, la réalité est tout autre que celle imaginée.
Aliou Sy (nom d’emprunt) est un chef de gare au terminus de Ouakam. Dans son bureau, il a le regard, derrière ses lunettes, plongé dans ses papiers et scrute chaque détail.
De ses éclaircissements, il ressort que « la ligne 7 fait partie des lignes les plus servies avec 14 bus, et malgré tout cela, la demande reste supérieure par rapport au nombre de bus en circulation. On fait de notre mieux pour réguler les départs, mais la forte affluence dépasse parfois nos capacités sur le terrain ».
Quant aux longs moments d’attente, le chef de gare du terminus Ouakam affirme qu’ils font de leur mieux pour réguler les départs. Toutefois, Aliou Sy tient à rappeler que « nous n’avons pas de voie dédiée comme le BRT. Parfois, les embouteillages jouent en notre défaveur, les bus arrivent avec du retard, ce qui peut expliquer parfois les surcharges ».
En première ligne face à ces innombrables plaintes, Jean Dasilva (nom d’emprunt), receveur sur la ligne 7, y va aussi de ses précisions.
« C’est le passager lui-même qui doit faire l’appoint de sa monnaie avant de monter à bord. En temps normal, nous ne devrions même pas accepter les billets de 500, mais nous le faisons juste pour éviter les discordes ».
Quant aux questions sécuritaires, Jean affirme qu’ils font tout leur possible pour mettre les usagers à l’abri des pickpockets dès qu’ils remarquent un comportement suspect.
Fatou NGOM (Stagiaire)


