Le forum sur les métiers organisés par les Eléments français au Sénégal (Efs) a permis aux employés civils sénégalais licenciés d’explorer d’autres horizons pour leur réinsertion. D’autant plus que soixante-dix entreprises sont disposées à offrir 300 emplois aux différents profils des 162 Sénégalais à licencier.
Cela fait 35 ans que Cheikh Guèye, chef cuisinier debout sur 56 berges, sert au «Quartier Colonel Geille», le camp militaire français situé à Ouakam au cœur de la capitale dakaroise. Ce Yoffois, père de 5 enfants, devra pourtant quitter son travail, au plus tard le 30 juin 2025. C’est parce que Cheikh fait partie des 162 employés civils sénégalais travaillant dans cette base militaire française. Et avec le départ annoncé des Éléments français au Sénégal (Efs), il devra explorer d’autres horizons. C’est d’ailleurs ce qu’a compris le général de brigade Yves Aunis qui a organisé, hier, le forum des métiers sur le parvis du «Quartier Colonel Geille». *
Pour le commandant des Éléments français au Sénégal, l’objectif de ce grand rendez-vous est de permettre aux employés civils travaillant dans la base militaire française de décrocher un nouveau travail décent. «Nous allons devoir licencier l’ensemble de nos employés civils sénégalais à la date du 1er juillet 2025. Et dans ce cadre, j’ai souhaité, au sein d’un plan social complet, favoriser le reclassement de l’ensemble des employés civils sénégalais. Il s’agit de leur permettre de se relancer, tout en leur faisant savoir qu’ils ont une valeur sur le marché de l’emploi», a justifié le commandant des Éléments français au Sénégal. Le général Aunis de poursuivre que grâce aux compétences cumulées à l’expérience, ces employés ont mille chances de trouver un travail décent. Et pour ce forum des métiers, plus d’une soixantaine d’entreprises privées et publiques ont exposé et manifesté leur offre d’emploi. Agent du bureau logement et hôtellerie au «Quartier Colonel Geille», Gaston Mendy a approché une entreprise sénégalaise spécialisée dans son domaine de compétence.
Cet originaire de la Guinée-Bissau est optimiste quant à l’avenir. «J’ai parlé avec pas mal d’entreprises et on a tous bon espoir de se recaser. La démarche du général est à saluer», s’est-il réjoui. Sa camarade d’infortune Serafine Dzah, du Bureau pilotage contrôle et audit, abonde dans le même sens. Cette sénégalaise bon teint qui glane 31 ans de service éprouve un pincement au cœur. «Les collègues, dit-elle, auraient aimé continuer le travail ici. Mais on s’en remet à Dieu. Je vais me lancer dans l’entrepreneuriat. Pour les indemnités et autres, le syndicat est en train de piloter le dossier».
Le forum sur les métiers est l’un des trois volets sociaux entamés par les Efs pour aider les employés civils sénégalais à trouver du travail, à travers la formation, l’organisation du forum des métiers et l’appui à la création d’entreprises. Même si des discussions avec les autorités sénégalaises se poursuivent toujours, selon le commandant des éléments français au Sénégal, Yves Aunis, le départ de ses hommes sur le territoire sénégalais a déjà été acté. Le calendrier n’est pas encore officiel. Mais sans changement de dernière minute, les Efs devront quitter le Sénégal, au plus tard au mois de juillet prochain. Créés en 2011, dans le cadre du traité de partenariat en matière de coopération militaire signé entre Paris et Dakar, les forces militaires françaises menaient principalement des missions de formation et d’entraînement auprès des armées de la région.
Ibrahima KANDE


