La Haute Autorité du Waqf (HAW) poursuit son ouverture vers les différentes communautés religieuses du Sénégal. Dans le cadre d’une tournée de courtoisie engagée depuis près d’un an auprès des foyers et autorités religieuses du pays, son directeur général, Dr Ahmed Lamine Athie, a été reçu mercredi 24 juin par l’archevêque de Dakar, Monseigneur André Gueye. Cette rencontre a permis de présenter les missions de l’institution et d’esquisser les contours d’une future collaboration avec l’Église catholique.
À cette occasion, le directeur général de la HAW a rappelé que l’institution, créée par la loi n°2015-11 du 6 mai 2015 et rattachée à la Primature, a pour mission de contribuer au financement des politiques sociales de l’État à travers le développement des waqfs publics et l’accompagnement des initiatives privées dans ce domaine. Selon lui, le Sénégal demeure le premier pays de la sous-région à avoir institutionnalisé cet instrument de finance participative destiné à soutenir les populations vulnérables.
Le Dr Ahmed Lamine Athie a également mis en avant plusieurs réalisations déjà déployées par la Haute Autorité du Waqf. Parmi elles figurent le waqf public de modernisation des daaras, le waqf agricole en faveur du monde rural et le waqf public monétaire. Il a notamment cité le projet WAPEC (Waqf Agricole Public pour l’Élevage de Chèvres), qui accompagne plus de 2 000 ménages dans les régions de Kaffrine et de Saint-Louis grâce à des dotations en cheptel, des formations et des facilités de crédit. Les cantines scolaires financées par le fonds waqf public monétaire dans le département de Dakar ont également été présentées comme un exemple concret d’intervention sociale.
Insistant sur la portée universelle du waqf, le directeur général de la HAW a souligné que cet outil, bien qu’inspiré du droit musulman, peut bénéficier à toutes les confessions religieuses. « Le waqf demeure un instrument universel pouvant être constitué et bénéficié par des musulmans, des chrétiens ou des juifs », a-t-il expliqué, rappelant l’existence historique de waqfs chrétiens dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
Le responsable de la HAW a également évoqué les précédentes collaborations menées avec des structures de l’Église catholique. En 2023, le poste de santé Charles de Foucauld à la SICAP avait bénéficié d’un appui du fonds waqf public monétaire, avant que la pouponnière de Médina ne soit accompagnée à son tour en 2024. L’institution entend désormais approfondir cette coopération en s’appuyant sur l’expérience de l’Église dans la gestion des œuvres sociales.
En réponse, Monseigneur André Gueye a salué l’initiative et relevé les convergences entre les actions de la HAW et les engagements sociaux de l’Église. L’archevêque de Dakar a proposé de dépasser le cadre d’une collaboration ponctuelle pour mettre en place un partenariat institutionnalisé. À cet effet, il a désigné la Caritas, bras caritatif de l’Église catholique, comme l’interlocuteur privilégié pour travailler avec la HAW, mettant en avant son expertise dans plusieurs domaines du développement communautaire.
Monseigneur André Gueye a d’ailleurs annoncé qu’une mise en relation serait prochainement organisée entre le directeur général de la HAW et le directeur national de la Caritas afin d’engager les démarches techniques nécessaires à la concrétisation de ce partenariat.
Au terme de la rencontre, les deux parties ont convenu de faire de ce dialogue un point de départ pour des actions concrètes au bénéfice des populations. Saluant une initiative qu’il a qualifiée de « Responsabilité Sociétale d’Entreprise institutionnalisée », l’archevêque de Dakar a plaidé pour la poursuite des échanges dans un esprit de « dialogue des œuvres » entre les religions abrahamiques, afin de renforcer la solidarité nationale et la lutte contre la pauvreté.


