Acteur majeur de la réflexion économique en Afrique, le professeur Moustapha Kassé a quitté ce monde, le lundi 1er juin 2026, à l’âge de 88 ans. L’éminent économiste laisse derrière lui l’image d’un homme généreux dans le partage du savoir, qui avait le courage de ses idées.
L’économiste Moustapha Kassé décédé le lundi 1er juin à l’âge de 88 ans, est né en 1938, à Khassé Khelcom (département de Kébémer), il était l’un des premiers agrégés en sciences économiques du Cames. L’ancien doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’Université Cheikh Anta Diop s’était illustré par sa riche carrière, son rôle de formateur, sa générosité intellectuelle, ses contributions au débat économique et sa production intense. Professeur titulaire et doyen honoraire de la Faseg, Pr Kassé était l’un des économistes dont la voix comptait et l’un des enseignants chercheurs les plus prolifiques. On peut citer à son actif plusieurs ouvrages dont « Alternative vers une société de développement humain », « L’industrialisation de l’Afrique est possible : Quel modèle pour le Sénégal », « Le secteur privé sénégalais : Jambe faible de l’émergence, entre entreprenants et entrepreneurs », etc. L’enseignant a encadré des générations d’étudiants. Pr Kassé s’était aussi illustré dans les jurys du Concours d’agrégation de droit, sciences économiques et gestion et l’administration du Comité technique spécialisé du Cames. Le défunt a plusieurs ouvrages économiques à son actif, l’industrialisation de l’Afrique lui tenait à cœur.
La dimension internationale de l’homme dans le milieu économique l’a amené à occuper plusieurs fonctions dont la présidence du Forum mondial des chercheurs (Genève, 1988). En 2022, la Faseg lui a rendu hommage sous forme de mélanges en son honneur et lui avait consacré un colloque autour de la thématique « Croissance et transformation structurelle en Afrique : état des lieux et implications politiques ».
Jusqu’à un âge très avancé, Pr Kassé est resté hyperactif, n’hésitant pas à mettre son immense savoir au service des différents régimes politiques qui se sont succédés. « Je suis un manipulateur d’idées. Je ne vois pas Senghor, Diouf et Wade. Je vois le Président du Sénégal qui est élu pour satisfaire les préoccupations des Sénégalais », rétorquait-il à ses détracteurs, dans un entretien-portrait avec le quotidien Le Soleil.
Le Recteur de l’Ucad, Alioune Badara Kandji, lui a rendu un vibrant hommage à travers un communiqué. « Même après son départ à la retraite en 2005, le Professeur Moustapha Kassé est resté une voix écoutée et respectée au Sénégal comme à l’international, à travers notamment son engagement académique au sein de l’Académie Hassan II du Maroc et de plusieurs instances scientifiques africaines », lit-on dans le document. A sa famille et à la communauté universitaire, Le Soleil présente ses condoléances les plus attristées.
Malick CISS


