Une délégation de la République démocratique du Congo (RDC), conduite par la Cellule d’exécution des projets (CEP-O), effectue une mission de benchmarking à l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) afin de s’inspirer de l’expérience sénégalaise en matière de gestion de l’assainissement et de financement des infrastructures.
À l’ouverture des travaux, le chef de la délégation congolaise, Steve Mtadi Kayiko, a indiqué que cette mission vise à capitaliser les bonnes pratiques développées par l’Onas, notamment dans la mobilisation des ressources financières, le recours aux partenariats public-privé, ainsi que le renforcement des capacités techniques et opérationnelles de la ville de Kinshasa.
Le président du Conseil d’administration de l’ONAS, Alassane Ndao, a salué cette initiative, soulignant l’expertise acquise par l’établissement public sénégalais dans la gestion des eaux usées, des eaux pluviales et la conduite de projets structurants.
« L’ONAS a une expérience avérée en matière de gestion des eaux usées et des eaux pluviales ainsi que dans la mise en œuvre de projets structurants. Je remercie la délégation congolaise d’être venue s’inspirer de cette expérience afin de poser les bases d’un partenariat gagnant-gagnant », a-t-il déclaré.
Le directeur général de l’ONAS, Séni Diène, a pour sa part présenté plusieurs domaines dans lesquels l’expérience sénégalaise pourrait être mise à profit par la RDC. Il a notamment évoqué le traitement des eaux usées, la valorisation des sous-produits de l’assainissement – notamment les boues stabilisées, les eaux épurées et la production de biogaz –, ainsi que la mobilisation des investissements et la conduite de grands projets.
Selon lui, les missions de benchmarking constituent un levier important pour accélérer le développement des services publics. « Elles permettent le partage et la capitalisation des bonnes pratiques, tout en offrant aux pays l’opportunité de gagner du temps en évitant de réinventer la roue », a-t-il affirmé.
Le financement du secteur de l’assainissement a occupé une place centrale dans les échanges tenus ce lundi au siège de l’ONAS à Dakar. Les participants ont relevé que le sous-financement demeure un défi majeur pour de nombreux pays africains.
« En Afrique, nos pays font face à des difficultés similaires dans les domaines de l’assainissement et de l’accès à l’eau potable. Le déficit de financement ralentit les progrès vers l’atteinte des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030 », a souligné Séni Diène, rappelant que cette problématique avait été identifiée comme un défi persistant lors du 23ᵉ Congrès et Exposition internationale de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, organisé en février dernier à Yaoundé.
Le directeur général de l’ONAS a également rappelé l’expérience du projet RASOP-Africa, mis en œuvre entre 2016 et 2018 par l’Association africaine de l’eau avec l’appui de la Fondation Bill & Melinda Gates. Cette initiative avait permis de renforcer les capacités des opérateurs de l’assainissement dans cinq villes africaines – Bamako, Yamoussoukro, Yaoundé, Kampala et Lusaka – à travers des partenariats d’apprentissage entre pairs.


