Dans cette phase de guérison, le service de l’Action éducative en milieu ouvert (Aemo) de Linguère s’est vite saisi de l’affaire dès qu’il a été informé par ses partenaires. Après avoir avisé les autorités, le chef de service, Mamadou Pène, confie avoir saisi le procureur pour un rapport circonstancié. Le juge pour enfant a été aussi saisi et a pris des mesures de protection. L’une des mesures, c’est la fermeture provisoire du « daara ». Son propriétaire, Modou Dieng, avait été arrêté pour maltraitance sur des enfants talibés, mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger. Il a finalement été relâché. L’auteur présumé des faits, un maître coranique de 20 ans, est en fuite. Quant à la victime, M. Pène conforte le père en rassurant que ses jours ne sont plus en danger. Au-delà de cette affaire, M. Pène regrette la récurrence des cas de maltraitance de talibés dans la zone. Il explique que le plus souvent, les propriétaires des « daaras » ne sont pas les auteurs. « En général, ils recrutent des jeunes enseignants, qui, au lieu d’avoir une certaine pédagogie vis-à-vis des enfants, les maltraitent. Parce que tout simplement, en général, ils n’ont pas ramené la pitance qu’on leur réclame quotidiennement. Ou bien, ils n’ont pas su mémoriser les versets du jour », fustige le fonctionnaire. Aussi pointe-t-il le lobby maraboutique prompt à jouer les intimidations lorsque son service est saisi. L’éducateur spécialisé souligne qu’il faut vraiment du caractère pour pouvoir faire le suivi psychosocial et l’accompagnement médical éventuellement qui leur incombe.
Fatou SY

