En campagne de mobilisation, la Centif a présenté sa mission, sa méthode de travail et quelques outils pour la collaboration avec les assujettis. L’organisme de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et des destructions a relevé les menaces auxquelles la région de Sédhiou fait face.
SÉDHiOU – Après les efforts consentis pour quitter la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) en 2024, le Sénégal travaille à consolider ses acquis dans le cadre de la lutte contre les délinquances financières. La Centif, qui doit recevoir le GAFI dans le cadre de l’évaluation mutuelle en février 2026, poursuit une campagne de mobilisation nationale. L’organisme public a franchi, ce mardi, l’étape de Sédhiou où il a été question de présenter le dispositif national, la mission de la Centif en matière de coopération pénale, la plateforme e-Delta, outil d’échange avec les assujettis du secteur financier et non financier, les partenaires comme le GIABA, le GAFI, le Groupe Egmont, ainsi que le rapport de l’évaluation mutuelle du Sénégal de juillet 2025.
« Le GAFI sera au Sénégal en février. Cette campagne permet de nous enquérir de nos risques de blanchiment de capitaux, de nos tendances de vulnérabilité, de nos menaces de blanchiment de capitaux et de terrorisme dans le versant respect du dispositif juridico-institutionnel existant, afin qu’il soit en phase avec les exigences du GAFI », a souligné Mandjibou Leye, commissaire de police principal, directeur des enquêtes de la Centif.
82,87 % des déclarations de soupçon concernent les banques et établissements financiers
Les mesures et les outils mis en place ont permis à la Centif de relever 928 déclarations de soupçon en 2024 contre 807 en 2023, soit une progression de 15 %. Les banques et les établissements financiers caracolent en tête de la liste avec 82,87 % des déclarations. Cette campagne de sensibilisation permet donc aux uns et aux autres de savoir à quoi s’attendre en 2026. Les localités frontalières avec des pays voisins, comme Sédhiou, partagent les mêmes réalités que les régions de Ziguinchor et de Kolda. Le trafic de cannabis et de drogue est une réalité dans la région de Sédhiou.
« Cette activité illicite constitue une infraction sous-jacente au blanchiment de capitaux, peut-être même au financement du terrorisme et de la prolifération », estime le commissaire Mandjibou Leye.
La campagne de sensibilisation, pour le cas propre de Sédhiou, prépare les autorités d’enquête et de poursuite pénale à être « mieux alertes et à viser toujours l’infraction de blanchiment de capitaux dans le cadre des enquêtes classiques », a précisé le commissaire Leye. Selon lui, cela permet non seulement d’avoir une palette de possibilités d’investigation, mais surtout de mieux cerner l’environnement des délinquants qui sont poursuivis, et on ne peut pas occulter la région de Sédhiou.
Jonas Souloubany BASSENE (Correspondant)


