Dans le but de renforcer le dialogue permanent et de désamorcer les tensions sociales avec les partenaires sociaux du transport national, une rencontre cruciale s’est tenue, ce 17 mars, au ministère des Transports terrestres et aériens (Mitta). Plusieurs points ont été soulevés : l’assouplissement des contrôles routiers, de l’interdiction de circuler la nuit… Un comité ad hoc prendra désormais en charge ces doléances pour y trouver des solutions.
Malgré les préavis de grève déposés par les syndicats de transports routiers, la concertation demeure ouverte avec la tenue d’une rencontre avec la tutelle. Le secrétaire général du Mitta, El Hadji Abdoulaye Gueye, qui a présidé la réunion examinant les mesures de sécurité en vigueur depuis mars. Le constat est sans appel : la situation est critique et amère, d’après le Mitta. « 48 % des véhicules de 12 à 19 places inspectés à Dakar et Diamniadio ont été recalés, principalement en raison de modifications illégales de leur aménagement intérieur », révèle le Sg. Face à la centralité des points de contrôle et aux difficultés rencontrées par les transporteurs de ces véhicules basés hors de la capitale, le ministère tient à assouplir le processus. El Hadji Abdoulaye Gueye informe qu’à compter de la deuxième quinzaine du mois d’avril, le ministère va déployer un dispositif de contrôle mobile dans les régions. « Nous avons travaillé ces derniers jours à identifier des dispositifs mobiles permettant de faire le maillage du territoire afin de permettre aux transporteurs de faire le contrôle là où leurs véhicules ont été immatriculés », souligne-t-il.
Outre cette question sécuritaire préoccupante par la recrudescence des accidents, plusieurs points ont été adressés à l’autorité par les acteurs syndicaux. Il s’agit entre autres : des tracasseries, d’Afrique pesage, de l’impact des véhicules clandestins et de l’interdiction de circuler la nuit en vigueur depuis 2023. Gora Khouma, secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal, salue que « bien que la satisfaction ne soit pas totale », l’écoute de l’autorité, affirmant avoir pu « vider leur sac ». Le syndicaliste demande la levée de la mesure interdisant la circulation entre 0 h et 6 h. Dans sa requête, il n’exclut pas la possibilité d’une période d’essai de six mois pour évaluer la situation. Par rapport aux tracasseries routières, le syndicaliste déplore et dénonce de façon foncière le nombre pléthorique de postes de contrôle. Dans ce sens, il exige l’application du décret présidentiel limitant ces points à trois. Enfin, ils réclament une mise à jour des tarifs de transport, inchangés depuis 2008, pour mettre fin aux tensions avec les passagers. Toutes ces doléances seront prises en charge par le comité technique ad hoc créé. Les syndicats se disent optimistes et privilégient pour l’instant le dialogue. Toutefois, préviennent-ils, « nous serons dans l’obligation d’aller en grève si aucune solution concrète n’est trouvée. »
Mohamed DIENE (Correspondant)

