Sokhna Assiétou Sy Malick, deuxième enfant de Mame Safiatou Niang, est décrite comme le portrait craché de son père Seydi El Hadji Malick Sy. Elle a hérité de l’ensemble de ses qualités : piété, érudition, hospitalité et dévouement au Coran.
« Tel père, telle fille » : c’est ainsi que l’imam et chef du village de Fass-Diacksao, Khalifa Ababacar Guèye, décrit sa grand-mère, Sokhna Assiétou Sy Malick. Entre le grand maître Seydi El Hadji Malick Sy et sa fille, la continuité était totale. « Elle était le portrait craché de son père », confirme Abdoul Aziz Diop, dit Moulaye, petit-fils d’El Hadji Malick Sy.
De lui, elle a tout hérité : la piété, la générosité, une hospitalité légendaire, une profonde érudition et un engagement sans faille pour le Coran. Née à Ndiarndé, Sokhna Assiétou Sy est la fille de Mame Safiétou Niang et la sœur cadette de Sokhna Fatou Sy Malick. Très proche de son père, elle lui vouait une affection et un respect immenses.
Elle est restée étroitement liée à Fass-Diacksao, un havre de retraite spirituelle fondé par son père en 1904. Elle y fut l’épouse du mouqaddam Serigne Youssouph Diop, l’un des mille disciples d’élite formés par Maodo à Ndiarndé, dans le Cayor.
À l’issue de cette formation, Seydi El Hadji Malick Sy a envoyé ses disciples à travers le pays et au-delà des frontières. Serigne Youssouph Diop s’installa ainsi à Fass-Diacksao – un accomplissement spirituel répondant aux vœux formulés par Maodo lors de son pèlerinage à La Mecque en 1889.
Cette cité religieuse repose sur un triptyque fondamental : éducation, formation et autonomie par le travail de la terre, afin de préserver la dignité des fidèles et d’éviter la mendicité. Une fois Serigne Youssouph Diop établi, Seydi El Hadji Malick Sy lui confia sa fille Sokhna Assiétou ainsi que la gestion des champs de Diacksao.
Altruiste et profondément humaine, Sokhna Assiétou fit de sa demeure le point de ralliement des talibés venus des villages environnants. L’imam Khalifa Ababacar Guèye se souvient que sa grand-mère consacrait ses journées à la récitation et à l’étude du Coran, des ouvrages de son père (tels que le Taysir ou le Khilaçu Zahab) ainsi que d’autres traités de sciences islamiques.
« Lorsque son père a perdu la vue vers la fin de sa vie, c’est Sokhna Assiétou, habile lectrice du Saint Coran, qui lui ré-
citait chaque jour le wakhf (la lecture coranique quotidienne) », rappelle-t-il. C’est elle aussi qui l’a initié, dès son plus jeune âge, à l’alphabet arabe et au Coran.
Abdoul Aziz Diop, membre de la Cellule Zawiya tidiane de Tivaouane (Cezat), confirme cet engagement exceptionnel. Selon lui, sa grand-mère a voué sa vie entière à la lecture du Coran, à l’étude et aux invocations (zikr).
Sa grande force réside dans le fait qu’elle ne s’est jamais éloignée de son père :
contrairement à ses sœurs Sokhna Oumou, Sokhna Rokhaya ou Sokhna Nafissatou, Sokhna Assiétou Sy Malick a toujours vécu aux côtés d’El Hadji Malick Sy, partageant son quotidien entre Tivaouane et Fass-Diacksao.
Elle incarnait l’union avec Serigne Youssouph Diop, figure issue de l’aristocratie du Ndiambour (Louga). « Quand Seydi El Hadji Malick Sy l’a installé à Diacksao, il lui a confié aussi bien sa fille que les champs de sa cité », explique-t-il, rappelant ce que lui di-
sait son père, Makhtar Diop : « Ma grand-mère s’est entièrement soumise à son époux, Serigne Youssouph Diop. »
Il ajoute : « Le Coran et le chapelet étaient ses fidèles compagnons ; tous les enfants de Seydi El Hadji Malick Sy sont collectivement sa synthèse. »
« Ma grand-mère était une femme aux qualités multiples, ancrées dans le Coran et la Sunnah. Elle fut une femme modèle », estime notre interlocuteur. C’est pourquoi elle compte de nombreux homonymes à travers le pays, notamment parmi les disciples.
Abdou Aziz Thiakh, responsable de la résidence de Mame Abdou Aziz Sy Dabakh à Diacksao, souligne qu’elle était très proche de son père, Seydi El Hadji Malick Sy, et très attachée à Fass-Diacksao et à ses environs.
« Elle me sollicitait pour lui écrire des lettres. Elle était très heureuse », témoigne-t-il. Il rappelle également que son frère, Mame Abdou Aziz Sy Dabakh, défunt Khalife général des Tidianes, lui rendait visite à chaque fois qu’il se rendait à Diacksao, son lieu de retraite spirituelle.
Sokhna Assiétou Sy Malick s’est éteinte en 1982 à Ndiarndé, où elle repose dans le mausolée aux côtés de son défunt époux, Serigne Youssouph Diop.
S. D. SY


