Si, suivant une tradition désormais bien établie, le mois d’octobre, mois de Marie et de la Mission, est aussi le mois dédié spécialement à la femme, à travers ce qu’il est communément convenu d’appeler « Octobre Rose », le mois de mars, en son huitième jour, nous donne de célébrer la femme comme chef-d’oeuvre achevé de la création. L’une ou l’autre fête éveille et aiguise notre conscience, parfois myosine, devant la nécessité, urgente et impérieuse, de nous soucier, de veiller et de soigner l’intégrité physique, morale et spirituelle de celle sans qui point de vie qui s’éclore !À l’aube de l’humanité était, en effet, la femme, épouse, mère, toute parée dans sa splendeur, pour accueillir la vie, la féconder et la faire fructifier, comme si Dieu, par un décret dont il a seul la signature, lui accordait l’insigne honneur de le plagier sans sourciller, à la seule condition que son espérance ne s’éteigne jamais dans les méandres d’une existence où la joie côtoie la tristesse et où la paix ne dissipe pas l’épouvante.
Quand donc, comme le 8 mars nous en donne l’occasion rêvée, nous célébrons la femme dans ce qu’elle a de beau, de distinctif et de sublime, nous magnifions Dieu pour toutes les belles prévenances dont elle a généreusement couronné notre mère, épouse, soeur, cousine, fille dans l’itinéraire singulier qui est le sien.
Vu sous cet angle, on ne peut être jaloux de la femme. Ce qu’elle est vient d’abord de son créateur qui l’a modelée et pétrie d’une étoffe qui plaise et qui chante l’hymne à la vie, selon précisément ce que dit le Prophète Isaïe : « Ton époux sera ton créateur ! » (Is 54/5).
Comme on est bien loin de la superbe de Simone de Beauvoir quand, ivre de considérations philosophiques pas toujours compatibles avec la foi chrétienne, elle affirmait qu’on ne nait pas femme, on le devient ! En réalité, être femme est un don gratuit de Dieu et jamais la féminité, la tendresse, la vulnérabilité attachées à son monde ne devraient être considérées comme constitutives d’une faiblesse ontologique opposable au sexe fort trônant dans un piédestal offert par des dieux phallocrates !
Nous avons donc, à l’Église comme dans nos sociétés, de qui tenir quand nous rendons hommage à la femme, cette « huile que ne ride nul souffle », cette « gazelle aux attaches célestes » que s’empressait de chanter le poète Léopold Sédar Senghor « avant que le destin jaloux ne (la) réduise en cendres pour nourrir les racines de la vie » !
Dieu est le premier à nourrir un amour de prédilection pour la femme qu’il a créée à son image et à sa ressemblance, au point que l’homme, ayant vu défiler sous ses yeux toutes créatures, ne put s’empêcher de s’exclamer, tout excité de bonheur, « cette fois-ci, voici l’os de mes os, la chair de ma chair ! » (Gn2/23). Cette alliance, elle est bénie par Dieu qui lui donne ainsi une onction sacrée que nul n’a le droit d’abimer par sa seule folie meurtrière !
En ce temps béni de Carême, l’Église s’unit à la symphonie universelle à l’honneur de la femme que Jean Paul II, dans une lettre restée mémorable (1995), remerciait pour son statut et son rôle de mère, d’épouse, de fille, de consacrée déployant, partout et toujours, son génie propre pour donner plus de saveur et de lumière à un monde qui en manque cruellement !
Mais comment, dans la suite de cet hommage qu’aucune voix dissonante ne perturbe, ne pas honorer et vénérer d’une révérence unique la femme sans tâche, préservée du péché originel, et qui jouit d’une place à nulle autre pareille dans l’économie du salut : la Bienheureuse Vierge Marie, notre mère et mère de l’Église ! Ceux et celles qui s’étonnent de nous voir, nous, catholiques, lui réserver une dévotion particulière, font naufrage quand ils s’en offusquent. Autrement, ils gagneraient à comprendre que ces privilèges lui sont d’abord garantis par Dieu, elle, la nouvelle Eve !
Qu’elle fortifie nos pas sur ce chemin de conversion quand, d’un coeur unanime, en ce temps béni de carême, nous crions vers elle en disant : « Vierge fidèle, réjouis-toi ! Dans les ténèbres où Dieu t’appelle, tu fais briller si haut ta foi que tu reflètes sur nos croix la paix du Christ et sa lumière ! » Amen.
Emmanuel DIÉDHIOU

