Face aux profondes réformes engagées par l’Arabie saoudite dans l’organisation du Hajj, le Sénégal a lancé une vaste concertation pour adapter son dispositif et renforcer transparence et équité dans la gestion des agréments et des quotas. Une démarche destinée à tirer les leçons des éditions passées et à hisser le pèlerinage national au niveau des nouvelles exigences du royaume.
Le Sénégal veut parfaire l’organisation du pèlerinage à la Mecque. À cet effet, la Délégation générale au pèlerinage aux lieux saints de l’Islam a initié une série de concertations avec les différents acteurs. Pour cette première journée, tenue hier à Dakar, la question de l’attribution des agréments et des quotas pour les voyagistes était au menu des discussions. La Délégation souhaite, à partir de 2027, restructurer l’attribution des agréments et des quotas en privilégiant la transparence et l’équité entre voyagistes. L’objectif, explique le délégué général, le Général de division Mamadou Gaye, «est de repenser l’organisation du pèlerinage en tirant les enseignements des éditions précédentes et en l’améliorant de façon substantielle». D’où la volonté des autorités «de revoir les modalités de distribution des agréments et des quotas». «Nous avons énormément de nouvelles demandes d’agrément, mais nous avons également beaucoup de voyagistes critiqués pour leur comportement. Certains pèlerins s’insurgent aussi contre la manière dont les quotas sont gérés», regrette le délégué général. C’est au regard de cette situation, qui dure depuis 2017 avec la suspension de la délivrance des quotas, que «toute la communauté du Hajj» a été conviée à cette rencontre afin que des propositions puissent être faites par les différents acteurs.
Pour Younoussa Cissokho, député de la diaspora, notamment de la zone Asie-Océanie, le préalable de cette refonte doit être l’évaluation des agences existantes. Pour le parlementaire, membre de la Commission de l’intégration africaine, des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur à l’Assemblée, les agences déjà bénéficiaires d’agréments doivent être évaluées au regard du respect du cahier des charges. Car, argue-t-il, « certaines font du business et se soucient plus de leur gain que du sort des pèlerins ». À l’en croire, le consulat ne cesse de recevoir des plaintes liées à la perte de passeports de pèlerins lors des Umrah (petit pèlerinage). Ce comportement « véreux » de certains voyagistes l’a poussé à préconiser que la Délégation supervise les Umrah afin que les pèlerins ne soient plus lésés. Plusieurs d’entre eux, souligne-t-il, sont souvent confrontés à la perte de leurs documents de voyage lors de ces séjours.
Représentant le ministre, Mamadou Ndiaye a salué l’initiative. Pour le conseiller technique au ministère des Affaires étrangères, ces assises arrivent à un moment opportun, marqué par des innovations majeures dans l’organisation du Hajj et surtout par une exigence de transparence et d’équité. Il a fait savoir que le ministère est optimiste quant à l’issue des concertations. Le conseiller reste convaincu que les conclusions et recommandations « contribueront à assurer un bond qualitatif » dans l’organisation du pèlerinage aux lieux saints de l’Islam, dans la continuité des avancées significatives réalisées en 2025. En effet, M. Ndiaye a salué les efforts remarquables faits par le Sénégal, non seulement dans l’organisation, mais aussi dans sa volonté de s’adapter aux mutations constantes décidées par l’Arabie saoudite. Ces efforts, s’est-il réjoui, ont été couronnés de succès, la Délégation générale ayant reçu «les vives félicitations» des autorités saoudiennes lors de la Conférence internationale sur le Hajj, organisée en novembre 2025. En outre, à partir du Hajj 2026, le Sénégal fera partie du cercle «restreint» des neuf pays au monde à bénéficier de l’initiative «Tarîq Makkah», dite «Makkah Route».
Fatou SY

