Pendant le Ramadan, les fidèles musulmans doivent jeûner. Certains peuvent y déroger s’ils rattrapent plus tard les jours manqués. Si ni l’un ni l’autre ne sont possibles, il reste la Fidya.
En islam, le jeûne du Ramadan est obligatoire. Mais il existe des situations où le musulman peut en être exempté. Par exemple, une personne malade peut ne pas jeûner si cela risque d’aggraver son état ou de retarder sa guérison. Le voyageur est aussi dispensé pendant son déplacement. La femme qui a ses menstrues ou des saignements après un accouchement ne jeûne pas durant cette période. La femme enceinte ou allaitante peut également être exemptée si le jeûne présente un risque pour elle ou pour son enfant. Les personnes très âgées ou atteintes d’une maladie chronique qui ne peuvent pas supporter le jeûne sont aussi dispensées. En général, les jours non jeûnés doivent être rattrapés plus tard, sauf pour ceux qui sont dans l’incapacité permanente de jeûner.
Poue ces dernières, une compensation consistant à nourrir un pauvre est mentionnée. « Pour les malades chroniques, les personnes très âgées ou à mobilité très réduite qui ne peuvent pas jeûner et n’ont aucun espoir raisonnable de le rattraper plus tard, l’islam prévoit une alternative appelée la Fidya », explique Imam Birame Pouye, animateur religieux à la Radiotélévision sénégalaise (Rts), rappelant que le Coran pose le principe général de miséricorde et de facilité, et les hadiths apportent des précisions pratiques sur la manière d’appliquer ces exemptions. Selon l’imam, au lieu de jeûner, la personne doit nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné.
Le principe, explique-t-il : « c’est un pauvre nourri est égal à un jour manqué. On peut donner un repas complet à une personne dans le besoin offrir l’équivalent en denrées alimentaires de base (riz, blé, dattes, etc.). On peut donner une somme d’argent équivalente au prix d’un repas simple, selon le coût moyen dans son pays. L’argent est donc une facilité moderne, mais l’objectif reste le même ». Étayant ses propos, il indique que « si 30 jours ne sont pas jeûnés, il faut nourrir 30 personnes ou une même personne pendant 30 jours. La base de cette règle se trouve dans le Coran (2 :184), qui mentionne la compensation par la nourriture pour ceux qui ne peuvent pas jeûner ». Cependant, précise imam Birame Pouye : « si la personne retrouve finalement la capacité de jeûner, elle devra alors rattraper les jours au lieu de se limiter à la Fidya ».
Aliou DIOUF

