La réhabilitation de la route des Niayes, notamment sur l’axe Thiaroye–Tally Diallo, avance à un rythme satisfaisant et entre désormais dans sa dernière phase. À Thiaroye, la modernisation de cette voie suscite l’espoir des riverains, désireux de voir le trafic reprendre au plus vite. Ils demandent néanmoins aux autorités de presser le pas.
Longtemps prisonnière des embouteillages, de la poussière et de la dégradation avancée de son bitume, la route des Niayes commence à afficher un nouveau visage. Entre Thiaroye et Tally Diallo, cette voie commence à respirer. Les travaux, entrepris par l’Agence de gestion des routes (Ageroute) depuis des mois, entrent dans une phase décisive. Sous le choc des engins de chantier et le défilé des rouleaux compresseurs, cet axe stratégique fait peau neuve. Les kilomètres de nids-de-poule, de flaques d’eau durant l’hivernage et de trottoirs défoncés ont disparu, laissant place à un asphalte lisse. Le contraste est saisissant. Les travaux franchissent une nouvelle étape. L’assainissement routier, le traitement de la plateforme ainsi que la mise en œuvre de la couche d’assise sont achevés, informe un document remis par le service de communication de l’Ageroute. Les équipes se concentrent actuellement sur la mise en place du grave-bitume avant la prochaine étape, celle de la pose du béton bitumineux qui va parachever la structure de la chaussée.
De Thiaroye à la station Yeumbeul, les ouvriers sont à pied d’œuvre sous un soleil de plomb et dans le vacarme assourdissant des engins. Les visages poussiéreux et les gouttelettes de sueur perlent sur les fronts. Des gilets fluorescents sur le dos et casques vissés sur la tête, ils s’activent sans relâche sur le bitume encore brûlant. Baye Modou Gaye, habitant de Thiaroye, est satisfait. La mine joviale, le vieux est content de voir la transformation actuelle de la route. Il rappelle que, par le passé, ce tronçon était impraticable. Accélérer la cadence Trouvé à la devanture de sa maison qui jouxte le trottoir, il est en pleine discussion avec ses amis. Il pense que, par rapport aux différents travaux de réhabilitation qui avaient eu lieu sur ce tronçon, ceux en cours semblent être, de loin, les plus complets en matière d’assainissement et d’aménagements connexes.
« Je magnifie l’engagement des autorités et des équipes mobilisées pour faire ce travail. Nous avons longtemps réclamé une nouvelle route, car la situation que nous vivions était insupportable. La mobilité était vraiment difficile, surtout durant l’hivernage », assure le vieux Baye Modou Gaye. Pour le moment, poursuit-il, les travaux sont un peu au ralenti et « il faut accélérer la cadence pour soulager définitivement les populations, longtemps victimes des déviations avec les routes barrées qui occasionnent des problèmes de mobilité et une baisse des activités économiques ». Abdoulaye Diallo, un jeune vendeur de matelas, abonde dans le même sens. Il souligne que la mise en service de cette route serait une aubaine pour les riverains qui, selon lui, s’impatientent.
Avec ce nouvel axe, ajoute-t-il, les inondations et les embouteillages seront un vieux souvenir. « Je suis tellement content de voir ce changement. Nous avons beaucoup souffert à cause du mauvais état que présentait cette route pendant des années. Maintenant, une nouvelle ère va bientôt commencer. Toutefois, il faut accélérer les travaux et en finir une bonne fois pour toutes. Cela nous permettra de mieux redémarrer nos activités économiques », affirme le commerçant. Pape Sylla, soudeur métallique, dénonce avec véhémence les lenteurs. À l’en croire, la réhabilitation a duré plus de cinq mois. Le jeune homme fustige le fait que les travaux ont beaucoup impacté leurs activités quotidiennes. Ainsi, il note une tendance baissière de la clientèle depuis le démarrage des œuvres engagées dans cette voie. « La seule solution maintenant est de les réceptionner et que tout puisse rentrer dans l’ordre. C’est normal qu’il y ait des retards, mais nous ne voulons pas que cela perdure davantage. Nos activités sont au point mort actuellement », lance-t-il avec fermeté.
Reportage de Bada MBATHIE

