Cela fait aujourd’hui 18 ans que Médina Baye perdait son Imam Assane Cissé, fils de Fatima Zahra Niasse et de Seydi Alioune Cissé, le premier Khalife de Cheikh Ibrahima Niasse, Baye Niasse. Intellectuel émérite, l’imam Assane Cissé, petit-fils d’El Hadji Ibrahima Niasse, est une des plus grandes fiertés de la Tidianiya, notamment de la famille de Baye Niasse.
Il est né le 4 décembre 1945 à Kaolack. Cheikh Assane Cissé fut de son vivant le président de l’Institut africain américain (IIAA), président du Réseau des organisations islamiques africaines pour la population et le développement (ROIAPD), et président de l’université El Hadj Ibrahima Niass.
Issu d’une des plus grandes familles religieuses du Sénégal, notamment fils de Fatima Zahra Niasse, fille de Cheikh Ibrahima Niasse, et de Seydi Alioune Cissé, le premier Khalife de Cheikh Ibrahima Niasse, Imam Assane Cissé fait partie des imams de Médina Baye qui ont marqué la Fayda grâce à ses œuvres et son parcours spirituel et intellectuel.
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« C’était un fervent musulman, un fervent Tijanne et un fervent Talibé Baye. Il était aussi un citoyen sénégalais modèle. Il était très pieux et était bien éduqué au point de dialoguer avec tout le monde. Il est discret et les gens ignoraient parfois même qu’il était un guide », avait témoigné Cheikh Mahi Cissé, frère d’Imam Assane, dans une interview accordée à la chaîne YouTube Baye Niasse Rék après le décès d’Imam Assane.
Intellectuel émérite, l’imam Assane, qui a été initié à l’enseignement religieux par son grand-père, le fondateur de la Fayda Baye Niasse, dès son jeune âge, a eu son baccalauréat, sa licence, sa maitrise et a préparé son doctorat.
Il a fait ses études à Médina d’abord, avant de rentrer en Mauritanie, puis en Égypte, aux États-Unis, il a pris l’anglais. Il a appris les sciences religieuses et les langues classiques. Il était polyglotte et maitrisait au minimum 12 langues. Il transmettait son savoir à ses disciples. Il suivait les pas de Baye Niasse et tous les jours après la prière de 14 h, il dispensait des cours à la mosquée de Médina Baye.
Sa relation avec son grand-père Baye Niasse
« J’ai beaucoup d’estime pour mon grand-père (Baye Niasse). Car c’est lui qui m’a enseigné le Coran et cette estime n’est pas uniquement liée à cela. Je l’estime parce qu’il a fait de moi un musulman. Tout ce que je connais de l’Islam, c’est grâce à lui. C’est lui qui m’a amené au daara et c’est ainsi que j’ai maitrisé le Coran et il ne m’a pas lâché. Il m’a pris à ses côtés pour m’enseigner les sciences religieuses et quand il faut formaliser ce savoir, il m’a ordonné d’aller vers des écoles formelles afin d’obtenir des diplômes », avait dit l’imam Assane à propos de son grand-père.
« C’est ainsi qu’il m’a amené avec d’autres jeunes à Hahira et d’autres au Maroc. Même pendant les vacances, il ne nous lâchait pas. Il nous enseignait dans sa chambre et on apprenait plus qu’à l’école. On restait dans sa chambre à étudier jusqu’à 22 h 30 et même pendant nos voyages, on ne se débarrassait pas de nos livres », avait-il ajouté.
Il a obtenu sa licence en 1970 et après il est allé au Ghana pour poursuivre ses études. Après ses études, il a été approché par une banque pour travailler, une offre qu’il a déclinée suivant les conseils de son grand-père qui l’a ordonné de se rendre en Angleterre à la quête de la connaissance.
Ses nombreux voyages d’études vont le mener dans des pays tels que le Royaume-Uni, les États-Unis, après avoir obtenu une licence en études islamiques en Égypte. Chez les Anglo-saxons, Imam Assane va surtout réussir à combiner les enseignements religieux aux études typiquement occidentales.
Il est devenu imam de la mosquée de Médina Baye en 1982 à la mort de son père, l’imam Alioune Cissé. Mais c’est en 1968 que Baye lui a fait savoir qu’il serait le successeur de son papa et c’est à 23 ans qu’il dirigera la prière pour la première fois et Baye Niasse et son père étaient derrière lui. Il est rappelé à Dieu à l’âge de 63 ans.
« Imam n’était pas malade. La veille de son rappel à Dieu, il a dirigé les 5 prières à la mosquée avec nous et c’est à l’aube qu’on a été informé de son décès. On peut dire qu’il est décédé sans emporter une dette de prière et ainsi qu’il a vécu », a précisé son frère Cheikh Mahi Niasse.
Mariama DIEME


