Le bilan particulièrement lourd enregistré en janvier et février 2026 a servi d’électrochoc. Face à la recrudescence des accidents impliquant des véhicules de transport en commun, le ministère des Transports terrestres et aériens a décidé de durcir le ton.
Sous l’impulsion du directeur général des Transports terrestres, Ababacar Fall, la Direction générale des Transports terrestres passe désormais d’une posture d’observation à une phase d’intervention active, avec le lancement d’une opération exceptionnelle de contrôle technique ciblant les autocars interurbains de 12 à 19 places.
Conscientes du rôle stratégique que jouent ces véhicules dans la mobilité interurbaine et l’économie nationale, les autorités ont écarté l’option d’une immobilisation massive et immédiate des flottes, qui aurait paralysé le transport et fragilisé de nombreux acteurs du secteur.À la place, un dispositif de contrôle continu et progressif est mis en place. L’objectif est double : renforcer la sécurité routière tout en évitant un choc économique brutal.
L’opération vise l’ensemble des minicars de 12 à 19 places assurant les liaisons interurbaines. Ces véhicules, très sollicités sur les axes nationaux, sont régulièrement pointés du doigt dans les statistiques d’accidents.En cause :la vétusté avancée d’une partie du parc ,des modifications structurelles non homologuées et l’utilisation de modèles transformés localement, notamment ceux communément appelés « CheikhouCherifou », dont la conformité aux normes techniques soulève de nombreuses interrogations.
À travers ces « mesures conservatoires », l’administration entend imposer une mise en conformité technique immédiate des véhicules jugés défaillants. Il s’agira notamment de vérifier l’état des systèmes de freinage, de direction, de suspension, ainsi que la solidité de la carrosserie et des aménagements intérieurs.
Cette offensive marque un tournant dans la gestion du transport interurbain : au-delà du simple contrôle documentaire, l’accent est désormais mis sur l’intégrité structurelle des véhicules et la responsabilité des exploitants.

