Le secrétaire général du gouvernement, Boubacar Camara, a souligné, vendredi, à Dakar, la nécessité de rompre avec les pratiques actuelles d’organisation des opérations liées à la fête de la Tabaski, appelant notamment à œuvrer à faire atteindre au pays l’autosuffisance en production ovine.
‘’Les vraies préoccupations qui ont été soulevées montrent qu’il faut une grande réforme et des mesures radicales pour changer l’écosystème de la Tabaski’’, a-t-il déclaré à l’issue d’un conseil interministériel consacré à la préparation de cette fête religieuse.
Boubacar Camara a indiqué que les différentes parties prenantes, notamment les éleveurs, les institutions financières et les services de l’État, avaient été mobilisées pour assurer le bon déroulement des opérations d’approvisionnement du marché.
Le secrétaire général du gouvernement a toutefois estimé que les améliorations apportées d’année en année restent insuffisantes face aux défis structurels du secteur.
‘’Nous n’avons pas vendu aux Sénégalais le fait de faire mieux qu’avant. Nous avons vendu aux Sénégalais la transformation du pays’’, a-t-il martelé, appelant à un changement de paradigme dans l’organisation de l’élevage et de la campagne Tabaski.
Il est d’avis que les orientations du gouvernement s’articuleront entre autres autour de la sécurisation de l’événement, notamment à travers la lutte contre le vol de bétail.
Il a annoncé la mise en place d’un groupe de travail chargé d’étudier les expériences internationales en matière de traçabilité et de sécurisation du cheptel.
‘’Il y a des pays où il existe un suivi électronique des animaux. Le Sénégal doit tirer profit de ces expériences’’, a-t-il souligné.
Le secrétaire général du gouvernement a également insisté sur la nécessité de revoir le système de financement du secteur afin d’orienter davantage les ressources vers la production locale et l’alimentation du bétail.
Selon lui, l’État doit privilégier le financement de la production nationale de moutons au détriment de la commercialisation liée aux importations.
‘’Il n’est pas admissible pour le Sénégal de dépendre des pays voisins alors que nous avons les potentialités nécessaires pour développer l’élevage local’’, a-t-il affirmé.
M. Camara n’a pas manqué de préconiser la mise en œuvre d’un schéma intégré portant sur la production, la commercialisation, la conservation et la diversification des aliments de bétail afin de limiter la hausse des coûts supportés par les éleveurs.
Il a par ailleurs insisté sur l’importance d’un accompagnement accru des femmes évoluant dans le secteur des petits ruminants, saluant leur capacité de remboursement des crédits.
Le secrétaire général du gouvernement a aussi appelé à une meilleure organisation des espaces de vente de moutons, à travers l’aménagement de sites permanents et sécurisés en partenariat avec les collectivités territoriales et le secteur privé.
Il a évoqué la nécessité d’intégrer davantage l’économie générée autour de la Tabaski, notamment les activités liées aux cuirs, aux peaux, à l’artisanat et aux produits locaux.
‘’Si nous avons un plan structuré sur ces différents points, dans deux ans les choses vont évoluer’’, a-t-il fait valoir, assurant que les conclusions du conseil interministériel vont contribuer à accélérer la transformation du secteur de l’élevage tout en renforçant la souveraineté nationale dans la production en moutons de Tabaski.

