Dans le cadre de la semaine nationale des handicapés, le mouvement national sunu yene, créé par des aveugles, veut doter à chaque aveugle une canne, un instrument essentiel pour leur sécurité et leur mobilité. Ils ont, par ailleurs, demandé à l’État de prendre les décrets d’application restant pour l’application intégrale la loi d’orientation sociale.
Un aveugle, une canne, tel est le programme que compte lancer officiellement le mouvement sunu yene. Créé par des aveugles, sunu yene est présent sur le territoire national et au niveau de la diaspora, ayant son siège social à Thiès.Face à la presse, ce samedi 6 décembre, dans le cadre de la semaine nationale des personnes handicapées, les membres du mouvement estiment que chaque aveugle doit avoir une canne pour sa sécurité. Selon Moussa Boury Diouf, non voyant, professeur de lettres, la canne a des fonctions sécuritaire, de géolocalisation, de mobilité et d’orientation pour l’aveugle. Elle est aussi un moyen de communication visuelle. »Quand un aveugle brandi sa canne de manière verticale, c’est pour dire qu’il a besoin de traverser la route. Cela veut dire qu’il est sur un passage clouté et que les automobilistes doivent lui céder le passage. S’il la tient de manière horizontale, il est en train de dire aux passants qu’il a des soucis », a expliqué Moussa Boury Diouf.
Voilà pourquoi, la canne est un instrument essentiel pour les aveugles. Selon Birama Sarr, président du mouvement national sunu yene, ils vont bientôt lancer une cagnotte au Sénégal et au niveau de la diaspora pour se procurer le maximum de cannes possible pour les distribuer aux aveugles et soutenir ceux parmi eux qui sont dans le besoin.Selon Birama Sarr, le mouvement sunu yene a déjà distribué 50 cannes et leur objectif c’est d’atteindre 200 dans dans le court terme et au final 1000 cannes ou plus. C’est ainsi qu’ils ont prévu de mettre en ligne une lien pour la cagnotte un aveugle, une canne les jours à venir.Ils ont également demandé aux autorités Étatiques de prendre les 47 autres décrets d’application restant sur les 50 articles pour la mise en œuvre effective de la loi d’orientation sociale qui réglerait une bonne partie des difficultés des personnes handicapées, a soutenu le président de sunu yene.
Abordant l’interdiction de la mendicité, le président du mouvement a dénoncé la stratégie des nouvelles autorités qui consiste à déguerpir les personnes handicapées sans mesures d’accompagnement. Selon les membres de sun yene, les autorités centrales ne peuvent pas suspendre les bourses familiales et interdire en même temps la mendicité à des handicapés qui n’ont aucune source de revenus pour subvenir à leurs besoins, sans mettre en œuvre leurs promesses de campagne consistant à doter d’allocations aux personnes handicapées.
La transcription des œuvres au programme pour les pensionnaires de l’institut National d’Education de Formation des Jeunes Aveugles (INEFJA) reste une préoccupation pour les membres de sunu yene. A les en croire, il faut la ratification du traité de Marrakech par l’assemblée nationale du Sénégal.
Selon Moussa Boury Diouf, par ailleurs, coordonnateur et rapporteur du projet OMPI (Organisation Mondiale pour la Propriété Intellectuelle INEFfJA, il y’a des œuvres qui n’ont pas besoin du traité de Marrakech et il faut démarrer avec elles. Il a déploré certaines lenteurs dans la diligence pour l’amélioration des conditions d’apprentissage à l’inefja alors que beaucoup d’avancées sont notées.
Pour lui, il y’a quelques parts une manque de volonté des responsables de l’institut.
Ibrahima NDIAYE (Correspondant)


