Appelé aussi factoring, l’affacturage est un mécanisme qui permet à une entreprise d’obtenir rapidement de l’argent qui lui est dû par ses clients, sans attendre l’échéance de paiement des factures. Par exemple, une Pme fournit des marchandises à une grande société pour un montant de 10 millions de FCfa. La facture doit être payée dans 30, 60 ou parfois 90 jours. Pendant cette période, la Pme peut rencontrer des difficultés pour payer ses salariés, acheter des matières premières ou honorer ses autres dépenses. Grâce à l’affacturage, elle peut céder cette facture à un établissement financier qui lui verse immédiatement une grande partie du montant. L’établissement se charge ensuite de récupérer l’argent auprès du client à la date prévue. L’affacturage est donc une solution qui permet aux entreprises de disposer rapidement de liquidités et d’éviter les problèmes de trésorerie liés aux retards de paiement. Contrairement à un prêt bancaire classique, il repose principalement sur la valeur des factures détenues par l’entreprise et non sur les garanties personnelles ou patrimoniales du dirigeant. Au Sénégal, cet outil est considéré comme particulièrement important pour les petites et moyennes entreprises (Pme). Ces dernières représentent près de 99,8 % du tissu économique national et assurent environ 80 % des emplois. Pourtant, elles ont souvent du mal à accéder au crédit bancaire. Beaucoup ne disposent pas de garanties suffisantes pour obtenir un financement. L’affacturage apparaît ainsi comme une alternative capable de répondre à leurs besoins de trésorerie.
L’une des principales innovations introduites récemment par les autorités sénégalaises concerne l’ouverture de cette activité aux institutions de microfinance. Jusqu’à présent, seules les banques pouvaient proposer des services d’affacturage. Désormais, les établissements de microfinance agréés et supervisés par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) pourront également intervenir dans ce domaine. Cette évolution est importante, car les institutions de microfinance entretiennent une relation de proximité avec des milliers de petites entreprises, de commerçants, d’artisans et d’entrepreneurs qui n’ont pas toujours accès aux services bancaires traditionnels. Grâce à l’affacturage, elles disposeront d’un nouvel outil pour accompagner leurs clients et soutenir leurs activités. La réforme vise également à développer un marché encore peu utilisé au Sénégal. Sur le plan réglementaire, la nouvelle loi apporte davantage de sécurité juridique. Jusqu’ici, l’activité était principalement encadrée par une instruction générale de la Bceao qui ne définissait pas de manière détaillée les droits et obligations des différents acteurs. Le nouveau texte précise les règles applicables aux opérations d’affacturage, aux contrats et aux mécanismes de recouvrement des créances.
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