Des millions d’internautes ont suivi la Coupe d’Afrique des Nations à travers ses vidéos. Une couverture originale, immersive, portée par une complicité assumée avec les joueurs et une véritable symbiose avec les supporters. Pendant toute la compétition, Edgar Barros n’a pas seulement raconté la CAN : il l’a fait vivre.
Cette CAN au Maroc, il l’a minutieusement préparée. En amont, il s’était déjà rendu à la CAN en Côte d’Ivoire, qu’il a eu l’opportunité de couvrir. Une expérience grandeur nature qui lui a permis de tester son approche et d’affiner sa stratégie. Résultat : 35 millions d’impressions. Un chiffre impressionnant, mais insuffisant à ses yeux.
Ambitieux et visionnaire, le créateur de contenus décide alors d’élargir son impact. Il choisit d’écrire un livre pour inscrire son expérience dans le temps. Puis, sur les conseils de son père, il explore un autre registre : la musique.
Il contacte l’artiste malien Sidiki Diabaté. La collaboration se fait rapidement. « Il a été très réactif. On s’est vus le lendemain, on a enregistré et la musique a cartonné », confie-t-il. Le titre dépasse les 200 000 publications sur les réseaux sociaux et devient un véritable hymne. Dans les stades, il retentit avant et après chaque match du Sénégal, contribuant à électriser l’ambiance.
Passionné de football depuis toujours, Edgar Barros a lui-même foulé les pelouses dans sa jeunesse. Mais si le terrain ne fut pas sa destinée, il a trouvé une autre manière de servir ce sport : raconter ses coulisses et en sublimer les émotions.
L’un des moments forts de son parcours reste son interview avec le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, lors de la remise officielle du drapeau national. Une séquence symbolique qui confirme son positionnement dans l’écosystème médiatique sénégalais et marque le début de son immersion aux côtés des Lions.
Pour collaborer avec l’équipe nationale, il a entrepris plusieurs démarches auprès de la Fédération sénégalaise de football. Si aucun contrat n’a encore été signé, sa présence et son travail ont été reconnus. Au Maroc, il s’est démarqué en donnant accès aux coulisses : vestiaires, moments de détente, communion avec les supporters.
Son défi a été de trouver le juste équilibre. Ne pas être trop proche des joueurs pour préserver leur intimité, ni trop distant pour conserver l’authenticité des échanges. « Il fallait les laisser venir à moi », explique-t-il. Son objectif était clair : faire ressortir la fibre du maillot, valoriser le travail de la Fédération et transmettre la fierté nationale.
La pression, il se l’est imposée lui-même. Avant la compétition, il a multiplié les allers-retours au Maroc pour effectuer des repérages et montrer les préparatifs du pays hôte. Une stratégie qui s’est révélée payante.
Au terme de la compétition, le bilan est spectaculaire : 250 millions d’impressions cumulées et une deuxième étoile ajoutée au maillot du Sénégal. Une visibilité accrue, de nouvelles opportunités et une reconnaissance renforcée dans le paysage médiatique.
Mais au-delà des chiffres, Edgar Barros retient une leçon : la résilience. Une valeur qu’il dit avoir retrouvée dans le parcours de Sadio Mané et de ses coéquipiers. Savoir encaisser, rester concentré, ne garder que les bonnes énergies.
La CAN lui a également offert des rencontres marquantes, notamment avec Omar Sy, Akon et Khady Lam. Des échanges rendus possibles par l’ampleur de l’événement et la puissance du digital.
Aujourd’hui, Edgar Barros ne se contente plus de couvrir le football. Il façonne une nouvelle manière de raconter le sport africain.
Fatima Ba


