À seulement 16 ans, Assane Sarr n’a pas le profil d’un adolescent ordinaire. Gardien de but et capitaine des Lionceaux, il a guidé le Sénégal jusqu’à la finale de la TotalEnergies CAN U-17 2026. Brassard au bras, gants aux mains, il dégage déjà la sérénité des vieux briscards qui arpentent les pelouses continentales depuis une décennie.
Son parcours dans cette CAN est tout simplement exceptionnel. Après avoir écarté le Mali en quarts de finale (1-1, 4 tab à 2), Sarr a éclaboussé la demi-finale de tout son talent face au Maroc (0-0, 7 tab à 6). Dans cette confrontation au sommet, le jeune portier a multiplié les parades décisives dans le temps réglementaire avant de s’ériger en sauveur absolu lors des tirs au but, stoppant 4 tentatives marocaines avec un sang-froid impressionnant. Alors que dans le temps additionnel, il avait déjà stoppé un pénalty marocain.
Sa maturité impressionne au-delà des gestes techniques. Après la qualification, ses mots sonnent comme ceux d’un vétéran : « Le Sénégal est toujours très motivé dans les compétitions internationales. Nous ne sommes pas des Lions pour rien. »
La revanche sur 2025
Derrière la sérénité affichée se cache une blessure profonde. En 2025, les Lionceaux avaient été sortis en quarts par la Côte d’Ivoire (0-0, 5 tab à 3), sans concéder la moindre défaite ni le moindre but dans le jeu. Une élimination injuste qui avait laissé des traces dans l’esprit d’Assane Sarr (remplaçant à l’époque) et de ses coéquipiers. Ils sont désormais huit rescapés de cette campagne à porter la cuvée 2026, et sa masterclass face au Maroc aux tirs au but sonne comme une magnifique revanche sur le destin.
Un leader collectif
Assane Sarr ne se revendique pas héros solitaire. Il souligne avec humilité : « Il est vrai que je suis jeune, mais mon parcours depuis les sélections de jeunes est juste cette responsabilité et cette expérience. Mes coéquipiers me font confiance », confie-t-il aux médias de la CAF. Sa force, c’est aussi la cohésion qu’il entretient avec sa défense : « La communication est essentielle entre la défense et le dernier rempart que je suis. Ce vécu et cette envie de gagner fondent notre solidarité. »
A 90 minutes d’un sacre historique
À la veille de la finale contre la Tanzanie, le capitaine prévient : ses coéquipiers n’ont pas encore donné le meilleur de leur potentiel. Un avertissement terrifiant pour leurs adversaires. Après avoir géré la phase de poules avec maîtrise, dompté le Mali et le Maroc, les Lionceaux s’apprêtent à jouer le match d’une vie.
Rendez-vous ce mardi 2 juin. Le Sénégal, porté par son mur et son capitaine, est à 90 minutes d’un sacre historique, qui lui permettrait de décrocher une 2e étoile après 2023, et d’être à égalité du Ghana au classement des pays les plus titrés de la CAN U17.
Oumar Boubacar NDONGO

