Leur piètre prestation, mardi dernier, lors de la défaite inaugurale du Sénégal (1-3) contre la France, les a vraisemblablement fragilisés. Kalidou Koulibaly, Sadio Mané et Idrissa Gana Guèye, cadres de cette sélection, avec chacun plus de 100 capes, ne semblent plus intouchables.
NEW JERSEY – Après la défaite amère du Sénégal contre la France, beaucoup ont pointé du doigt les prestations de Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Guèye, jugées très en deçà de leur niveau habituel. Pourtant, à la veille de cette 23e édition de la Coupe du monde, aucun observateur n’aurait donné sa main à couper qu’ils chuteraient ainsi de leur piédestal, notamment au regard de tout ce qu’ils ont fait pour l’équipe nationale, mais aussi de ce qu’ils représentent. La déferlante « bleue » a presque tout ravagé sur son passage, chahutant ainsi l’hégémonie de ces vieux routiers qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire du football sénégalais avec deux sacres en Coupe d’Afrique des nations (Can).
Mais, selon Amara Traoré, ancien sélectionneur du Sénégal, une équipe a toujours besoin de joueurs d’expérience dans ce genre de compétition. « Après une défaite, ça va dans tous les sens. Ces cadres, il y a moins de 5 mois, ont donné plus qu’une satisfaction : ils ont aidé le Sénégal à gagner sa deuxième étoile. Ils jouent tous en club, et n’ont pas programmé leur blessure. Quand tu restes un ou deux mois sans jouer, c’est très difficile de commencer par un match de Coupe du monde », a-t-il indiqué. Pour lui, cette contre-performance contre la France à elle seule ne saurait définir si Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et Idrissa Gana Guèye ont toujours leur place dans ce onze-type. « Espérons aller plus loin dans la compétition et que nos cadres retrouvent leurs moyens. C’est vrai qu’il y a un nouveau cycle qui a commencé, mais ces joueurs-là sont assez intelligents pour savoir s’ils peuvent continuer ou pas », a-t-il souligné.
Avant de poursuivre : « L’équipe a fait un très bon match pendant une heure en faisant déjouer l’équipe de France. Après une défaite, l’entraîneur essaie toujours de faire quelques rectifications. Des fois, cela va jusqu’à changer un ou deux joueurs. Donc, on peut s’attendre à ça, mais la base sera là ». Un point de vue partagé par l’ancien international sénégalais, Tassirou Diallo, qui estime qu’il est trop tôt pour parler de fin de cycle. « À mon avis, ce n’est pas encore le moment de parler de mettre ces cadres sur le banc. C’est une compétition, on peut faire un bon match aujourd’hui et passer complètement à côté demain.
Rien n’est encore perdu et je suis convaincu qu’ils se relèveront dès le prochain match », a-t-il confié. Mais pour lui, le football de haut niveau étant ce qu’il est, c’est-à-dire ingrat et ne se fiant qu’au moment présent, l’équipe du Sénégal devrait se réinventer et insuffler de la jouvence dans son onze-type. « Pape Thiaw apportera sans aucun doute du sang neuf dans cette équipe, parce que contre la Norvège, la détermination et l’efficacité feront la différence », a souligné l’ancien attaquant des Lions.
De notre envoyé spécial aux États-Unis, Papa Alioune NDIAYE

