Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, va devoir trouver les mots justes auprès de ses joueurs afin de ne pas finir ses 14 ans à la tête des Bleus par une deuxième défaite de suite, lors du match pour la troisième place du Mondial-2026 face à l’Angleterre samedi à Miami. « Personne n’a envie de jouer ce match ». Thomas Tuchel, son homologue anglais, a ainsi résumé l’état d’esprit qui anime les deux sélections, battues en demi-finales par l’Espagne 2-0 pour la France mardi à Dallas et l’Argentine 2-1 pour les Three Lions le lendemain à Atlanta.
Il reste pourtant un Mondial à finir et les joueurs de l’équipe de France, très attachés à leur sélectionneur, disposant d’un argument de poids pour se remotiver, eux qui s’étaient accrochés à l’espoir de décrocher une troisième étoile aux États-Unis. Samedi à Miami, Didier Deschamps va vivre son 187e et dernier match en tant que sélectionneur français. Lui non plus n’avait souhaité cette fin. « Ça doit faire mal, heureusement que ça fait mal », a-t-il souligné jeudi au micro du média de la Fédération à propos de la défaite en demie. « Il y a beaucoup de déçus forcément, mais quand on porte ce maillot, quel que soit le match de l’équipe de France, notre devoir à tous, c’est de tout faire samedi, parce que c’est le dernier… de la compétition », a-t-il poursuivi en hésitant sur ses derniers mots.
Formidable meneur d’hommes, Deschamps a retenu d’un jour de plus que Tuchel pour remobiliser ses troupes. A voir Manu Koné inconsolable après le match à Dallas, Désiré Doué hagard ou Rayan Cherki passablement énervé en conférence de presse, il n’était pas de trop. Il a également fallu panser les blessures. Celle de William Saliba, gêné depuis plusieurs semaines par de fortes douleurs au dos, terrassé et contraint de sortir dès la 30e minute du match face à l’Espagne, est rédhibitoire : le défenseur central d’Arsenal ne disputera pas le match pour la 3e place. Pour le reste, Deschamps, qui a beaucoup insisté durant toute la compétition sur l’état d’esprit irréprochable des joueurs qu’il n’a pas ou peu utilisés, pourrait être tenté de leur offrir du temps de jeu. La troisième place du Mondial n’est évidemment pas l’objectif qu’il s’était fixé en débarquant surmotivé aux États-Unis, à l’issue d’une saison chaotique au Real Madrid, mais la superstar de l’équipe a encore la possibilité de terminer meilleur buteur de la compétition. Chasseur de record, Mbappé, à défaut d’un deuxième titre mondial, à l’occasion de se consoler en rentrant un peu plus dans la légende d’une compétition qui a fait sa renommée. Il le doit aussi à son sélectionneur, dont il est très proche, qui vivra à Miami sa dernière danse avec l’équipe de France.
AFP

