Après plusieurs années marquées par des contre-performances et des pépins physiques, Massaër Seck alias Gouye-Gui annonce son retour en pleine possession de ses moyens. Le lutteur de l’école Mor Fadam assure avoir définitivement tourné la page de ses blessures et se dit prêt à renouer avec la victoire, quitte à affronter la nouvelle génération.
Champion emblématique de l’arène, Gouye-Gui a longtemps fait vibrer les amateurs grâce à sa prise spectaculaire, le « simpi » (soulever), qui lui a valu son surnom de « Roi du Simpi ». Mais depuis 2020, sa trajectoire est freinée par une série de contre-performances, souvent liées à des blessures persistantes.
Il affirme être totalement rétabli et prêt à reprendre la compétition avec l’objectif clair de retrouver son rang. En effet, éloigné de l’arène depuis sa défaite contre Ada Fass, le 30 juin 2024, Gouye-Gui brise le silence et affiche ses ambitions.
« Je draine toujours des foules et j’ai encore les moyens de rebondir et de réaliser de nouvelles prouesses », martèle-t-il. Une manière de rappeler que sa popularité reste intacte, en dépit de ses derniers mauvais résultats.
Concernant ses pépins physiques, il argue : « J’avais une blessure au genou avant mon combat contre Reug Reug (20 février 2022), et je l’ai traînée jusqu’à mon duel contre Ada Fass. C’est pour cette raison que j’ai perdu ces deux combats », reconnaît-il. Une situation qui a lourdement pesé sur ses performances et freiné son ascension.
Déterminé à tourner la page, le sociétaire de l’école Mor Fadam avait, révèle-t-il, entrepris des démarches importantes pour retrouver l’intégralité de ses capacités physiques.
« Je suis complètement rétabli maintenant. Je m’étais rendu aux États-Unis pour soigner mon genou et j’ai dépensé 12 millions de FCfa pour des frais médicaux. Aujourd’hui, je suis prêt à lutter, sain et sauf », assure-t-il.
Gouye-Gui souligne également le rôle clé de son entourage dans cette phase de reconstruction.
Affronter la relève
Selon lui, son manager, Djily Wade, avait posé une condition claire : pas de combat sans guérison totale. « Il m’a dit qu’il ne chercherait aucun combat pour moi tant que je ne serais pas totalement rétabli. C’est ce qui m’a poussé à prendre le temps de me soigner correctement », explique-t-il.
Désormais libéré de ses contraintes physiques, Gouye-Gui affiche une envie intacte de renouer avec la compétition.
« J’attends un combat. J’ai repris les entraînements, mais de manière progressive, en attendant de trouver le bon adversaire », confie-t-il.
Loin de se limiter à des adversaires de son rang, il se dit même prêt à affronter la relève. « Je suis disposé à tendre la perche aux jeunes. Je ne citerai pas de noms, mais je suis ouvert à toute offre allant dans ce sens. Aujourd’hui, on est dans une logique de « grand contre petit » dans l’arène », indique-t-il, citant en exemple certains chocs récents dans l’arène, et surtout Lac 2-Prince qui est en attente d’être organisé le 14 juin prochain.
Conscient, toutefois, du poids des années et de l’usure du haut niveau, Gouye-Gui adopte un discours lucide sur ses capacités actuelles.
« À un certain âge, après tout ce qu’on a accompli, il est impossible d’être à 100 % de son potentiel. Que ce soit Balla Gaye 2, Lac 2, Modou Lô, Gris Bordeaux ou Eumeu Sène, personne n’y échappe », analyse-t-il.
Mais loin de s’avouer diminué, il fixe un objectif réaliste et ambitieux à la fois. « Si je peux retrouver 70 % de mon potentiel, je peux battre beaucoup de jeunes. Et même avec 20 %, je suis capable de freiner certains espoirs », lance-t-il avec assurance.
Gouye-Gui prépare ainsi son retour avec un message clair : celui de n’avoir pas encore dit son dernier mot dans l’arène. Remis physiquement et mentalement, le « Roi du Simpi » se projette vers un nouveau chapitre de sa carrière, avec l’ambition de prouver que l’engagement et la résilience peuvent encore faire la différence face à la jeunesse montante.
Abdoulaye DEMBÉLÉ

