Avec les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ Dakar 2026), le Sénégal sera sous les projecteurs. Alors que les grands rendez-vous sportifs sont devenus des vitrines majeures pour l’attractivité des villes, la capitale sénégalaise et les collectivités territoriales engagées dans la compétition comptent tirer parti de cette exposition. Dakar, Diamniadio et Saly, à travers le passage de la flamme olympique et les diverses activités qui y seront organisées, seront au cœur de l’événement.
Samedi 26 septembre 2026. Bargny, ville culturelle, bruit à l’heure du relais de la flamme olympique. Le maire, Djibril Faye, avait donné le go pour la procession. Depuis l’arrivée de la torche, venue d’Athènes, les Sénégalais accueillent dans leur contrée ce symbole de l’olympisme.
À Bargny, l’attention est captée par le relais de Mme Seynabou Fall Pouye, artiste chorégraphique, diplômée de l’École des Sables et figure du Théâtre national Daniel-Sorano. Avec grâce et prestance, sous des pas rythmés du « Ndawrabine » (danse typique des lébou, ces peuples de l’eau qui habitent Bargny), elle capte l’attention et présente la particularité de son terroir. Cette prestation, loin d’être anodine, a le don d’exposer une identité construite et héritée, au fil des années, dans cette localité…
Pour l’urbaniste Oumar Ba, le marketing territorial représente désormais un levier stratégique incontournable pour valoriser nos territoires. Entre fin octobre et la mi-novembre 2026, confie ce dernier, Dakar, Diamniadio et Saly accueilleront les premiers Jeux olympiques de la Jeunesse de l’histoire organisés sur le sol africain.
« Ce n’est pas simplement un match, un tournoi ou une compétition : c’est plutôt l’attention du mouvement olympique mondial braquée, pendant deux semaines, sur le Sénégal en général et sur ces collectivités territoriales en particulier ». C’est pourquoi, pense M. Ba, « ces Joj Dakar 2026 offrent une occasion exceptionnelle pour repositionner le Sénégal, non comme une destination unique, mais comme une nation d’expériences plurielles, de la Casamance avec ses riches bolongs à la Pointe des Almadies ».
À l’en croire, une occasion de transformer une « parenthèse sportive de deux semaines en un héritage narratif structurant à condition de ne pas la traiter comme une simple opération logistique ou événementielle ».
Exemple de l’exposition du Cap-Vert durant le Mondial américain
Dans un rappel, M. Ba évoque les exploits du Cap-Vert stoppé en 1/6 de finale par l’Argentine de Léo Messi lors de la Coupe du monde de foot aux Usa et au Canada. À son avis, cela a permis à des millions de personnes de s’intéresser désormais à ce pays, et « le Sénégal a l’occasion de faire de même en quinze jours, à l’échelle de tout un continent, pourvu qu’on ne rate pas cette exceptionnelle fenêtre d’opportunités ».
Dans cette même logique, le spécialiste en marketing territorial souligne que « chaque victoire des Lions, chaque record de lutte, chaque vague de Ngor filmée devrait être un signal envoyé au monde ». Malheureusement, poursuit-il, chacun de ces signaux se dissipe faute d’un dispositif permanent chargé de le capter, de le prolonger et de le monétiser », a-t-il indiqué, soulignant que le sport, pour devenir un vrai levier de marketing territorial, suppose au moins trois choses que la ferveur populaire seule ne fournit pas : une coordination interministérielle assumée entre sport, tourisme et diplomatie économique, des partenariats structurés (sponsoring, académies, coproductions audiovisuelles, etc.) et pensés sur plusieurs années plutôt qu’au lendemain d’un trophée ; et enfin, un récit national cohérent dans lequel chaque discipline vient se ranger, plutôt que des initiatives isolées qui s’annulent.
Booster l’attractivité locale
À l’approche des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, le Sénégal dispose d’une vitrine mondiale unique pour transformer son image et capter de nouveaux investissements. Pour Daouda Thiandoum, urbaniste, géomarketeur et secrétaire général du Club de réflexion sur l’urbain, « cet événement doit servir de déclic pour bâtir des politiques d’attractivité capables de propulser durablement le développement local ».
En vue des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026, « le marketing territorial doit demeurer un levier fondamental qui permettra d’impulser une nouvelle dynamique de développement dans nos territoires », soutient-il. De nos jours, les grands événements sportifs dépassent le simple aspect athlétique. Au-delà, ils permettent aux pays organisateurs de véhiculer plusieurs messages, notamment l’attractivité des territoires par le biais d’une ingénierie événementielle, car, aujourd’hui, les territoires sont comme des produits à vendre.
Pour Daouda Thiandoum, urbaniste, à l’heure actuelle, on ne peut pas parler de développement local sans le marketing territorial. Pour lui, « il constitue le point nodal pour renforcer l’attractivité et la compétitivité de nos territoires ».
À ses yeux, le marketing territorial est une démarche collective allant dans le sens de construire progressivement une stratégie dans le but de rendre un territoire attractif et compétitif. Dans cette perspective, ce qui est recherché dans le marketing territorial est l’attractivité extérieure et la satisfaction intérieure.
À l’en croire, le développement économique des territoires est lié à l’aboutissement d’une stratégie de marketing territorial parce que « les territoires ne sont plus de simples supports de production, mais ils sont des facteurs de production ».
Dans le contexte de l’organisation des Joj Dakar 2026, l’expert a souligné que « quand on a un événement mondial, on ne doit pas le subir, mais réfléchir à son héritage sur le plan des infrastructures, des équipements, du storytelling et de l’héritage de cet événement, en matière de captation d’investisseurs ».
Il prend en exemple le Rwanda et le Maroc qui sont en train de miser sur l’attractivité de leurs territoires pour changer la donne avec l’organisation de plusieurs événements sportifs. Poursuivant, il a indiqué que ces États vendent leurs avantages comparatifs sur le marché afin de capter leurs cibles et de se positionner à l’échelle internationale.
Néanmoins, en ce qui concerne les Joj Dakar 2026, « il a fait état d’une absence de stratégies nationales en marketing territorial à quelques mois du début de l’événement.
Bada MBATHIE

