Ancien de Thiaroye-sur-Mer, actuellement à Genève, Dieylany Pouye raconte : « L’écurie Thiaroye-sur-Mer était très solide. La scission est intervenue après le départ de Baye Mandione, qui avait créé l’écurie Guëm Sa Bopp, en emportant certains lutteurs avec lui. Ameth Dème et d’autres avaient également claqué la porte pour fonder l’écurie Thiaroye-Cap-Vert. C’est ensuite que Ness, Sentel, Baye Mandiaye et Nécko Rël sont partis, lorsque Lansar a été mise sur pied ».
Selon Dieylany Pouye, Thiaroye-sur-Mer comptait de grands champions, à l’image d’Issa Pouye, qui a livré des combats chocs contre Balla Gaye 2, Balla Diouf, Lac 2, Yékini Jr et Tapha Tine.
Ousmane Diop a également disputé de très grands rendez-vous de lutte face à Balla Gaye 2, Coly Faye 1… Sans oublier Baye Mandione, qui s’est notamment frotté à Modou Lô et Gris Bordeaux.
Dieylany Pouye, qui avait quitté Mbao pour rejoindre Thiaroye-sur-Mer, regrette les nombreux départs et les polémiques qui avaient fini par affaiblir la première écurie de Thiaroye-sur-Mer.
Pour Dieylany Pouye, la force de Thiaroye-sur-Mer résidait dans son unité autour de ses fils.
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Selon lui, l’entité comptait de grands encadreurs techniques, à l’image d’Alla Guèye, Raye Sougar, Max Mbargane et Pa Robert.
Il rappelle également que le premier président de l’écurie était Baye Mandiaye Ndour, avant Ibou Niang, qui ont tous deux pesé de tout leur poids pour permettre à l’écurie de réaliser de grandes performances.
Depuis trois ans, Baye Mandiaye Ndour, ancien président de l’écurie Thiaroye, est revenu avec une ambition claire : réunifier les forces de la lutte locale autour d’une seule bannière.
Pour y parvenir, il a rencontré les différentes forces vives de Thiaroye et plaidé pour la disparition des entités telles que Thiaroye-Cap-Vert, Guëm Sa Bop et Thiaroye Ndiguël, afin de redonner naissance à une grande écurie Thiaroye-sur-Mer.
L’idée séduit certains cadres du quartier, à l’image de Reug Reug, qui ont adhéré à ce nouveau projet sportif.
Mais la réunification est loin de faire l’unanimité. Certains acteurs restent encore réticents à l’idée de voir disparaître leurs structures respectives.
Modou Kane, le pionnier d’une lignée
Derrière certains champions se cachent souvent des lignées familiales. Celle de Modou Kane en est une illustration très forte.
Ancien champion de lutte traditionnelle, Modou Kane est présenté comme l’un des pionniers de la lutte à Thiaroye-sur-Mer.
Il est également le père de Pape Kane. À travers lui, la passion de la lutte s’est transmise sur plusieurs générations, jusqu’à son petit-fils, Oumar Kane dit Reug Reug, devenu l’un des grands noms de la lutte sénégalaise et des Arts martiaux mixtes (Mma).
Cette filiation donne une dimension particulière à l’histoire de la lutte à Thiaroye-sur-Mer : les champions ne sont pas apparus par génération spontanée.
Ils sont souvent les héritiers d’une culture familiale et communautaire profondément enracinée.
La famille de Reug Reug est d’ailleurs doublement liée à cette histoire.
Thiaroye-sur-Mer a également vu évoluer Modou Diène, grand-père maternel d’Oumar Kane. Grand champion de lutte, il était réputé pour ses qualités et ses exploits dans l’arène.
Ainsi, les racines sportives de Reug Reug plongent profondément dans le terroir de Thiaroye-sur-Mer.
Son père, Diagar Kane, était lui aussi un sportif accompli.
Selon Ousmane Diop, ancien lutteur de Thiaroye, “le père de Reug Reug était un bon footballeur, ayant évolué à l’Asc Castel de Thiaroye, tout en étant également un lutteur capable de réaliser de grands exploits”.
Cette double filiation, paternelle et maternelle, illustre à merveille la richesse du terreau sportif de Thiaroye-sur-Mer.
Abdoulaye DEMBELE

