A Kolda, un nom sature les discussions dans les foyers et les « grand-places » de la capitale du Fouladou : Madiba Kamasso. Cet ancien capitaine et gardien titulaire de l’As Kolda (Ask) recruté par Jamono de Fatick s’est imposé comme l’élément moteur du club régional, transformant chaque rencontre en une démonstration de force défensive.
KOLDA – Le soleil de plomb décline sur le stade régional, mais sur la pelouse, l’air crépite encore. Au milieu de l’arène, un homme attire tous les regards. Silhouette longiligne, teint d’ébène, regard d’acier : Madiba Kamasso. Pour les attaquants de la région, il n’est pas un simple gardien. Il est un mur. Une énigme. Un cauchemar ganté.
Pour ses coéquipiers, il est l’enfant de la terre, le maître des airs. Et pourtant, rien ne prédestinait ce fils de Pata, village niché à 50 kilomètres de la fureur urbaine « koldoise », à devenir l’idole de la zone 2 et de tous les fans du club fanion de Kolda. Dans cette brousse profonde où le destin des jeunes se scelle souvent entre deux sillons d’arachide, Madiba a choisi une autre voie : celle des airs.
Et c’est sur la terre battue et les cailloux de l’école de football Amadou Bâ que le mythe s’est forgé. Ses mains, durcies par les travaux des champs, ont appris à dompter le cuir. En 2021, lors des phases régionales, le public « koldois » assiste à une épiphanie. Sous les couleurs du Kawral de Fafacourou, un gamin multiplie les parades extraterrestres.
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Ce jour-là, les recruteurs ne voient plus un amateur, ils voient un destin. Un rempart né doublé d’un génie du ballon rond. Aujourd’hui, Madiba est le patron. Ancien capitaine de l’As Kolda (Ask) et dernier rempart de l’Association sportive et culturelle (Asc) Hafia, il a transformé ses cages en sanctuaire inviolable.
Ses statistiques donnent le vertige : un seul but encaissé en cinq matchs lors des phases de poule 2023. Deux titres de meilleur gardien. Deux trophées zonaux successifs. « C’est un dur à cuire, un bosseur et un travailleur acharné », souffle Laye Kouyaté, son mentor et ancien capitaine du club fanion de Kolda.
« Madiba ne joue pas. Il part au combat. C’est un gagneur né », témoigne son tuteur et coach personnel. Cette rage de vaincre, il la traîne comme une bannière. Sur sa ligne, il allie la rigueur du métronome à l’ardeur du guerrier. Chaque parade est une déclaration de guerre à l’adversaire.
Le rêve pro au bout des gants
Pourtant, malgré l’aura qui l’entoure dans les « grand-places » et les chaumières de Kolda, l’enfant de Pata garde les pieds sur terre. Transféré l’année dernière au Jamono de Fatick, suite à des performances XXL, le dernier rempart et capitaine emblématique de l’Asc Hafia et d’Ask confirme son statut de leader. Sous ses nouvelles couleurs, Madiba enchaîne les exploits et survole la compétition.
Véritable muraille du club fanion « fatickois », il a déjà raflé à plusieurs reprises le trophée de « meilleur joueur du mois », s’imposant comme l’homme providentiel de son équipe. Le portier est un homme de défis. Pour lui, l’abandon n’est pas une option. « Rien n’est perdu dans la vie », martèle-t-il, la voix calme mais ferme.
« Le cœur des gens bat pour les ‘’Navétanes’’, mais nous devons les faire vibrer pour le championnat national. On a besoin de l’union sacrée pour franchir le cap », ajoute-t-il, rassuré. Héritier des frères Mactar et Ousseynou Thioune, Madiba Kamasso n’attend plus que l’ouverture de la porte vers le monde professionnel.
Le chemin est parsemé d’embûches ? Qu’importe. Pour celui qui a dompté la poussière de Pata pour devenir le roi du Fouladou, aucun obstacle n’est trop haut. A Kolda, on ne demande plus si Madiba fera un arrêt. On demande juste : quand sera sa prochaine prouesse ?
Par Ibrahima KANDE

