À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde aux États-Unis, l’Association internationale de la presse sportive (AIPS) monte au créneau. L’organisation dénonce les difficultés croissantes rencontrées par de nombreux journalistes accrédités par la FIFA pour obtenir un visa américain, qualifiant ces restrictions d’« injustes » et d’inacceptables.
Ce sont principalement des correspondants iraniens et africains qui se trouvent dans l’impossibilité d’exercer leur métier sur place. Certains n’ont reçu qu’un visa à entrée unique, une situation particulièrement problématique dans le cadre d’un tournoi organisé sur trois pays : États-Unis, Canada et Mexique.
Face à cette situation, le président de l’AIPS, Gianni Merlo, a adressé une lettre ouverte à la FIFA pour l’exhorter à intervenir. Il y décrit une réalité préoccupante : « En ces temps difficiles pour le monde entier, à la veille de la Coupe du Monde, nous sommes confrontés à un problème persistant et inacceptable pour nous, journalistes : le refus de visas d’entrée à nos confrères accrédités. Des collègues iraniens, africains, dont certains n’ont obtenu qu’un visa à usage unique. Si leur équipe joue au Canada ou au Mexique et qu’ils la suivent, ils ne peuvent plus retourner aux États-Unis. Les cas sont légion et inacceptables. Les hommes politiques affirment toujours que le sport unit les jeunes dans les zones de conflit et tisse des liens, mais dans ce cas précis, nous allons dans la direction opposée », écrit-il.
Au-delà des enjeux symboliques, les conséquences sont aussi financières et logistiques. Des journalistes se retrouvent dans l’incapacité d’utiliser des billets déjà réservés, accumulant des frais supplémentaires sans pouvoir rejoindre leur poste. Merlo insiste sur le rôle fondamental d’une presse internationale libre pour la crédibilité même de l’événement : « Il est important que nos collègues puissent assister à l’événement, car leur présence est essentielle à l’image du sport et à ce qu’il représente, notamment dans un pays comme les États-Unis, où la liberté de la presse est une nécessité absolue. J’espère que la FIFA fera son possible pour accélérer la délivrance des visas. Nous avons déjà pris un retard considérable et de nombreux collègues ne peuvent plus utiliser leurs billets réservés à temps, ce qui leur occasionne des frais supplémentaires importants. »
La balle est désormais dans le camp de la FIFA, attendue sur sa capacité à peser dans les négociations diplomatiques avant le début du tournoi.
O.B.N


