La 5e édition de la Rentrée numérique, qui s’ouvre aujourd’hui, mardi 8 septembre, à Dakar, pour deux jours, place l’Afrique au cœur des grandes transformations technologiques et géostratégiques. Décideurs, experts, chercheurs, entrepreneurs et jeunes talents sont appelés à réfléchir sur les moyens de faire du numérique un véritable levier de développement, de souveraineté et de stabilité.
Le numérique n’est plus une simple question de modernisation des services ; il s’impose désormais comme un enjeu de puissance capable de transformer les économies, les sociétés et les rapports entre les États. Données, Intelligence artificielle (Ia), cybersécurité et technologies numériques occupent ainsi une place croissante dans les rivalités géostratégiques mondiales. C’est dans cette nouvelle configuration que se tient, aujourd’hui, à Dakar, la Rentrée numérique (8-9 septembre 2026). Cette 5e édition est placée sur le thème : « Le numérique au cœur des dynamiques géostratégiques : le défi africain ».
Pour les organisateurs, l’enjeu est de permettre au continent de transformer les bouleversements technologiques actuels en opportunités tout en réduisant les risques de dépendance et de vulnérabilité. L’Afrique connaît, en effet, une progression rapide des usages et des technologies numériques, avec des perspectives importantes en matière d’innovation, d’inclusion et de croissance. Cette évolution pose cependant des questions stratégiques. Comment limiter les dépendances technologiques ? Comment protéger les données africaines ? Comment renforcer la cybersécurité face aux nouvelles menaces ? Comment faire du numérique un instrument de puissance et non un facteur supplémentaire de dépendance ?
Six panels pour une vision commune
Durant ces deux jours, six panels permettront d’aborder ces problématiques sous différents angles. Le premier s’intéresse à l’Intelligence artificielle comme levier de croissance pour les entreprises et les économies. Il est notamment question de productivité, d’innovation, de compétitivité, mais aussi d’investissements et de compétences nécessaires à une adoption durable de l’Ia. Le financement, traité dans le deuxième panel, est consacré au passage « de la souveraineté numérique à l’accès numérique universel ». Les participants vont examiner les mécanismes publics, privés et internationaux susceptibles de financer les infrastructures numériques africaines tout en conciliant maîtrise des données, souveraineté technologique et accès aux services numériques.
Le troisième panel proposera une lecture plus globale des menaces et opportunités liées à l’Intelligence artificielle pour les États, les économies et les sociétés. Dépendance technologique, protection des données, transformation du marché du travail, éthique et régulation seront au cœur des échanges. La guerre économique et la désinformation feront l’objet du quatrième panel. L’objectif sera d’identifier des mesures préventives permettant de renforcer la cybersécurité, la veille stratégique et la résilience des institutions et des sociétés.
Le cinquième panel déplacera le débat vers les organisations et les salariés, confrontés à la transformation des métiers et des modes de travail sous l’effet de l’Ia. Formation, reconversion et adaptation des compétences seront notamment examinées. Enfin, un panel ministériel s’intéressera à l’avenir des systèmes d’enseignement à l’ère de l’Intelligence artificielle. La question de l’employabilité sera centrale avec un accent sur l’évolution des programmes, la préparation des enseignants et l’adéquation entre les compétences développées par les systèmes de formation et les besoins futurs des entreprises.
Oumar FEDIOR

