Le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a consacré sa première journée à Washington à la consolidation des relations économiques du Sénégal avec les États-Unis et les institutions financières internationales. Entreprises américaines, organisations patronales et Banque mondiale ont été successivement reçues par le chef de l’État, avec en toile de fond la recherche de financements, d’investissements productifs et de nouveaux emplois.
Arrivé à Washington dans le cadre d’une mission de travail qui doit également le conduire aux Émirats arabes unis, le président de la République a consacré la journée du lundi 14 septembre à une série de rencontres avec des acteurs majeurs du monde économique américain et financier. Selon le dossier de presse de la Présidence, cette visite intervient dans le prolongement de l’accord technique conclu le 1er septembre 2026 entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI), ouvrant la perspective d’un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois.
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La démarche présidentielle s’inscrit dans un contexte de redressement des finances publiques. La Présidence rappelle que le gouvernement avait choisi, dès son arrivée aux responsabilités, de rendre publique « la situation réelle des finances du pays », marquée par un niveau d’endettement dépassant largement les seuils de référence des institutions financières internationales. Cette politique de transparence devait être accompagnée de mesures de redressement portant notamment sur la mobilisation des recettes internes, la rationalisation des dépenses, l’élargissement de l’assiette fiscale et le renforcement de la gouvernance.
Cybastion annonce 300 millions de dollars
La première séquence de la journée a été consacrée aux entreprises américaines. À 11 heures, le chef de l’État a reçu une délégation de Cybastion, société spécialisée dans la cybersécurité et les solutions numériques.
À l’issue des échanges, l’entreprise américaine a annoncé la mobilisation d’environ 300 millions de dollars pour plusieurs projets structurants de digitalisation au Sénégal. Ces financements doivent notamment concerner la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité, les data centers, le transfert de technologies ainsi que le renforcement des capacités nationales.
Plusieurs start-up sénégalaises doivent également être associées à la mise en œuvre de ces initiatives. Pour la Présidence, cet engagement pourrait contribuer à accélérer la transformation numérique du pays, tout en renforçant sa souveraineté technologique et en favorisant l’émergence d’un écosystème numérique national plus compétitif.
Devant ses interlocuteurs, Bassirou Diomaye Diakhar Faye a inscrit cette dynamique dans sa politique de souveraineté économique. Le chef de l’État a notamment déclaré : « On ne peut pas être assis sur une mine d’or et tendre la main. »
Les entreprises américaines invitées à investir au Sénégal
À 11h30, le président de la République s’est entretenu avec la Chambre de commerce des États-Unis. La rencontre a réuni notamment Kendra Gaither, présidente du U.S.-Africa Business Center, ainsi que des dirigeants d’entreprises américaines, parmi lesquelles Motorola Solutions et Kosmos Energy.
Le chef de l’État a présenté le Sénégal comme une destination favorable à l’investissement, en mettant en avant sa stabilité institutionnelle, son État de droit, son économie de marché et sa position géographique. Il a également rappelé les efforts engagés pour assainir les finances publiques et les perspectives ouvertes par l’accord technique avec le FMI.
La Présidence indique que la Chambre de commerce américaine a, de son côté, réaffirmé l’intérêt de ses membres pour le marché sénégalais et sa disponibilité à contribuer à des partenariats public-privé.
Agriculture, énergie, infrastructures et numérique
La troisième audience de la matinée a réuni le président Faye et le Corporate Council on Africa, principale association d’affaires américaine consacrée au continent africain.
Face à cette organisation, le chef de l’État a détaillé les secteurs dans lesquels le Sénégal souhaite attirer davantage d’investissements américains : agriculture et transformation locale, énergie, infrastructures et logistique, santé et numérique.
Le président de la République a toutefois insisté sur les retombées attendues pour les populations. Selon le dossier de presse, un investissement n’a de sens pour le Sénégal que s’il permet de créer des emplois qualifiés, de favoriser le transfert de compétences et de rendre les services accessibles au plus grand nombre. Le Sénégal entend ainsi privilégier des partenaires économiques plutôt qu’une logique d’assistance.
La Banque mondiale confirme son soutien
L’après-midi, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a rencontré Ajay Banga, président du Groupe de la Banque mondiale, au siège de l’institution, en présence d’une importante délégation ministérielle.
Cette rencontre a permis de réaffirmer le rôle de la Banque mondiale dans l’accompagnement des priorités de développement du Sénégal. La Présidence rappelle que cette coopération s’était notamment renforcée le 6 août 2026, avec la signature de trois nouveaux accords portant sur l’agriculture, la connectivité des zones de production et le développement des régions orientales et australes du pays.
Au terme des discussions, la Banque mondiale a confirmé son soutien à la stabilisation du cadre macroéconomique et à la transformation structurelle du Sénégal. Quatre domaines ont particulièrement retenu l’attention : la réduction du coût de l’énergie, le renforcement de la protection sociale, l’innovation dans le financement de l’entrepreneuriat et l’amélioration du cadre des affaires.
La question de l’emploi des jeunes a également occupé une place centrale dans les échanges. Le chef de l’État a présenté la jeunesse comme « le plus grand atout du Sénégal » et plaidé pour qu’elle devienne un moteur de la croissance, de l’innovation et de la transformation économique.
De la confiance aux investissements
Au terme de cette première journée à Washington, la Présidence retient trois principaux résultats : la confirmation de la confiance des partenaires financiers, l’intérêt renouvelé du secteur privé américain et des engagements susceptibles d’avoir des effets sur le quotidien des Sénégalais.
Deux semaines après l’accord technique avec le FMI, le soutien confirmé par la Banque mondiale est présenté comme un signal positif pour le financement des politiques publiques. Dans le même temps, l’engagement annoncé par Cybastion autour de 300 millions de dollars et l’intérêt exprimé par les organisations patronales américaines constituent, selon la Présidence, de nouvelles perspectives pour le marché sénégalais.
Coût de l’énergie, protection sociale, financement de l’entrepreneuriat, emplois qualifiés dans le numérique et développement des régions figurent ainsi parmi les principaux enjeux mis sur la table. Le message porté par le chef de l’État reste le même : le Sénégal entend valoriser ses atouts et obtenir de ses partenaires des engagements à la hauteur des efforts consentis pour assainir sa situation financière.
En déplacement depuis dimanche 13 septembre 2026 à Washington (États-Unis), le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, entend consolider la coopération entre le Sénégal et les États-Unis d’Amérique. Le chef de l’État se rendra ensuite aux Émirats arabes unis, avant de regagner Dakar le 17 septembre.

