En République Démocratique du Congo, quand le ballon entre, tout s’arrête. Même le réveil. Surtout le réveil. Voilà donc un pays où une qualification à la Coupe du monde réussit ce que ni les grèves ni les embouteillages n’avaient totalement accompli.
Mettre tout le monde d’accord pour ne pas travailler.Il fallait oser. Transformer un but en jour férié. Chez d’autres, on applaudit, on klaxonne, on poste. En RDC, on dort. Officiellement. Payé. Merci les Léopards.
Et pourtant, derrière la blague nationale, il y a du sérieux. Une équipe qui y a cru jusqu’au bout, qui a serré les dents jusqu’à la dernière journée des barrages intercontinentaux. Battus par le Sénégal au Stade des Martyrs, ils n’ont pas baissé les bras.
Comme quoi, même dans un pays où l’on plaisante avec tout, on ne plaisante plus avec le football. La maturité est arrivée, sans prévenir, entre deux éclats de rire.
Le communiqué parle d’unité, de ferveur et de fierté nationale.
Traduction libre, barbecue, musique et débats tactiques improvisés par des experts d’un jour.
Car oui, la RDC arrive au Mondial avec du jeu et surtout du style. Sur le terrain, ils progressent.
En tribunes, ils excellent déjà. Leur présence promet un Mondial un peu plus imprévisible, un peu plus vivant, un peu plus drôle aussi. Et dans ce domaine précis, disons-le sans trembler, les Congolais jouent déjà dans la cour des très grands.
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