Informaticien, manager en gestion de projets, attaché en passation des marchés publics, technicien en économie bleue et entrepreneur social, Aboubakry Tidiane Diallo, plus connu sous le nom d’Abou Diallo, a fait de l’engagement citoyen le fil conducteur de son parcours. De la formation des jeunes à l’accompagnement des initiatives communautaires, en passant par la modernisation des services publics, il incarne une génération convaincue que le développement se construit d’abord au service des autres.
À Hann-Bel-Air, son nom revient régulièrement lorsqu’il est question de jeunesse, de numérique ou de développement communautaire. Pour beaucoup, il fait partie de ces acteurs qui travaillent loin des projecteurs, mais dont les actions produisent des effets durables.
Informaticien de profession, entrepreneur social par conviction et homme de terrain par tempérament, Abou Diallo a construit, au fil des années, un parcours fondé sur l’utilité sociale. Son histoire est avant tout celle d’un engagement précoce. Bien avant les distinctions et les responsabilités, il y avait déjà chez lui cette volonté d’aider et de servir, une disposition dont plusieurs habitants de Yarakh gardent encore le souvenir.
Conseillère municipale à Hann-Bel-Air et ancienne enseignante, Ndèye Diop se rappelle un jeune garçon toujours disponible. Elle évoque notamment cette anecdote restée célèbre dans le quartier. À une époque où les téléphones portables n’étaient pas encore entrés dans les habitudes, le jeune Abou Diallo était chargé de transmettre les messages entre les membres d’une association de jeunes filles. Dès qu’un changement de lieu ou d’horaire intervenait, il parcourait les rues du quartier pour informer chacune d’entre elles.
« Nous l’appelions notre Télex », raconte-t-elle avec émotion.
Une image qui traduit déjà son goût du lien social, sa disponibilité et son sens du collectif. Pour celle qui l’a vu grandir, les distinctions reçues plus tard n’ont rien d’une surprise.
« Depuis sa naissance, c’est un entrepreneur social », affirme-t-elle, convaincue que les récompenses obtenues aujourd’hui ne sont que la consécration d’un engagement ancien et constant.
Très tôt, Abou Diallo comprend que la connaissance constitue un puissant levier de transformation sociale. Lorsque le numérique commence à prendre une place grandissante dans les sociétés modernes, il choisit d’en faire son principal domaine d’action.
Son parcours débute au Centre de formation et de promotion des jeunes (Cfpj/Ymca) de Dakar, où il intervient comme formateur en informatique. Cette première expérience lui permet de mesurer l’impact que peuvent avoir les technologies.
« J’ai compris très tôt que le savoir et la formation constituaient les meilleurs leviers de transformation sociale », confie-t-il.
Il poursuit ensuite son engagement au Centre socio-éducatif Ker Don Bosco de Yoff comme animateur multimédia. Le contact avec les jeunes renforce sa conviction que les nouvelles technologies peuvent devenir un puissant outil d’émancipation.
À une période où l’accès à l’informatique demeure encore limité pour de nombreux jeunes sénégalais, il voit dans le numérique un moyen de réduire certaines inégalités et d’ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’emploi, d’entrepreneuriat et d’autonomie.
Cette vision l’accompagne lorsqu’il rejoint plus tard l’École supérieure d’informatique appliquée (Esia Sénégal) comme enseignant. Là encore, il transmet ses compétences tout en inculquant à ses étudiants une conception citoyenne du savoir.
Parmi eux figure Arame Bocar Seck, aujourd’hui informaticienne spécialisée en développement. Elle garde le souvenir d’un enseignant dont l’influence dépassait largement les salles de cours.
« Grâce à lui, j’ai compris l’importance de l’innovation sociale et de l’impact positif », témoigne-t-elle.
Une ingénierie sociale au service du développement
Au fil des années, Abou Diallo enrichit son profil de nouvelles compétences. Manager en gestion de projets, attaché en passation des marchés publics et technicien en économie bleue, il développe une expertise multidisciplinaire tournée vers les enjeux du développement local.
Cette diversité répond à une même ambition : contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations.
À Hann-Bel-Air, il occupe depuis plusieurs années les fonctions de chef de la cellule informatique de la commune. À travers cette responsabilité, il participe à la transformation numérique de l’administration locale.
Pour lui, la technologie ne constitue jamais une finalité. Elle doit avant tout améliorer les services publics et faciliter les relations entre les citoyens et l’administration.
Mais son action ne se limite pas aux bureaux de la collectivité territoriale. Sur le terrain, il multiplie les initiatives en faveur des jeunes, des femmes et des groupes vulnérables. La formation professionnelle, l’accompagnement des porteurs de projets, la promotion de l’entrepreneuriat, la sensibilisation citoyenne et les actions communautaires figurent parmi ses principaux domaines d’intervention.
Cette proximité avec les populations lui permet d’observer directement les difficultés rencontrées par la jeunesse.
« Beaucoup de jeunes disposent de talents et d’ambitions, mais peinent à accéder aux ressources nécessaires pour concrétiser leurs projets », constate-t-il.
Face à cette réalité, il plaide pour le renforcement de la formation professionnelle, un meilleur accompagnement des initiatives innovantes et une coopération plus étroite entre les collectivités territoriales, les entreprises et les structures de formation.
Il insiste également sur la nécessité de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents liés au numérique, à l’intelligence artificielle, à l’économie verte ou encore à l’économie bleue.
Pour lui, l’entrepreneuriat ne peut se réduire à la recherche du profit.
« L’entrepreneur social est celui qui identifie un problème dans sa communauté et mobilise des solutions innovantes pour y répondre durablement », explique-t-il.
Cette philosophie guide l’ensemble de ses actions en faveur de l’insertion professionnelle, de l’autonomisation des femmes et de l’inclusion des personnes vulnérables.
Un homme ouvert sur le monde
L’engagement local d’Abou Diallo s’accompagne d’une ouverture constante sur l’international. Au fil des années, il participe à de nombreux forums, congrès et rencontres consacrés à la jeunesse, au développement durable, à l’innovation et à la coopération internationale.
Il représente régulièrement le Sénégal dans des espaces internationaux de dialogue et de partage d’expériences. Ces voyages nourrissent sa réflexion et renforcent sa conviction que le développement repose sur la coopération et la circulation des connaissances.
« J’en retiens surtout l’importance du dialogue, de la coopération internationale et du partage des bonnes pratiques », souligne-t-il.
Ces expériences lui permettent également de mesurer le potentiel de la jeunesse africaine.
« Notre jeunesse a toute sa place dans les grands débats internationaux », affirme-t-il.
Dans sa commune, cette capacité à conjuguer action locale et ouverture sur le monde lui vaut une estime particulière. Président de l’Amicale des élèves et étudiants de Hann-Bel-Air, Alioune Badara Wane le décrit comme « un entrepreneur social au vrai sens du terme ».
Selon lui, son unique bonheur consiste à partager, servir et faire avancer sa communauté.
Le Baobab d’Or qui lui a été décerné apparaît ainsi comme la reconnaissance de plusieurs années d’engagement au service de la collectivité.
Pour Ndèye Diop, cette distinction récompense un homme qui a consacré une grande partie de sa vie à la formation et à l’accompagnement des jeunes.
« Il a formé des centaines de jeunes, les aidant à développer leurs compétences et à valoriser leur potentiel », rappelle-t-elle.
Malgré les honneurs, Abou Diallo demeure fidèle à la philosophie qui guide son parcours depuis toujours : apprendre, transmettre et servir.
À la jeunesse sénégalaise et africaine, il adresse un message simple : croire en ses capacités, persévérer et transformer ses ambitions en projets concrets.
« Le succès ne s’obtient pas du jour au lendemain. Il est le résultat du travail, de la discipline, de la résilience et de l’engagement », insiste-t-il.
À travers son itinéraire, Abou Diallo démontre qu’il est possible de faire du numérique un outil d’inclusion, de l’entrepreneuriat un instrument de solidarité et de l’engagement citoyen un véritable projet de vie.

