La Coupe d’Afrique des Nations (Can) n’est pas seulement un rendez-vous sportif attendu par des millions de fans à travers le continent, elle est également devenue un terrain fertile pour la désinformation. Cette édition 2025 ne fait pas exception et plusieurs fausses informations circulant sur les réseaux sociaux montrent à quel point la vigilance est de mise, y compris pour des journalistes et des passionnés de football. Parmi les cas les plus récents, on peut citer une vidéo soi-disant montrant un entraîneur botswanais clashant ses joueurs après un match contre le Sénégal.
La scène semblait authentique. Colère visible, paroles tranchantes, ambiance tendue dans le vestiaire. Pourtant, il s’agissait d’une vidéo générée par Intelligence artificielle (Ia) et reproduisant les traits et la voix d’une personne réelle dans un contexte fictif. L’illusion était si crédible que de nombreux internautes ont relayé la vidéo sans vérifier sa source. Cette diffusion massive montre combien les technologies de l’Ia, tout en ouvrant des possibilités inédites de création, peuvent aussi faciliter la propagation de fausses informations. Un autre exemple concerne une image d’une équipe tanzanienne, prétendument prise lors de son arrivée à l’aéroport. Là encore, il s’agissait d’une création numérique générée par Ia et représentant des joueurs inexistants vêtus de tenues traditionnelles.
La photo a rapidement été partagée sur des plateformes populaires, provoquant étonnement et admiration chez de nombreux abonnés et amateurs de football. Certains ont même cru à l’émergence d’une nouvelle génération de joueurs tanzaniens fiers de leurs tenues Kanzu. Ces cas sont révélateurs d’un phénomène plus large.
En période de Can, les fausses informations se propagent plus vite que le ballon sur le terrain. Entre images truquées, vidéos manipulées et rumeurs de vestiaire, l’objectif est souvent le même. Créer de l’émotion, susciter l’engagement et, parfois, laisser une trace durable dans la mémoire collective. Il est alarmant de constater que certaines de ces fausses histoires risquent de devenir des « légendes » pour les futures générations qui pourraient les considérer comme des faits historiques du football africain. Pour les journalistes comme pour les fans, le message est clair : il faut vérifier avant de partager. Les outils de fact-checking, la recherche inversée d’images et la vigilance face aux contenus viraux sont désormais indispensables.
La Can est avant tout un événement sportif et non une source de propagande ou de confusion. Mais, dans un monde où l’Ia permet de créer des images et des vidéos hyperréalistes, chaque internaute devient aussi un acteur de la lutte contre la désinformation. La leçon est simple : dans le football comme dans l’information, il ne faut jamais se fier à l’apparence. Derrière chaque image et chaque vidéo, la prudence reste le meilleur arbitre.
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