Donald Trump semble invincible et inarrêtable. Après son intervention au Venezuela, qui a déjà plongé le monde dans un climat d’incertitude et de bellicisme, il s’en prend désormais au Groenland, territoire autonome danois auquel il se serait donné deux mois pour l’envahir et l’annexer, avant de le mettre dans son escarcelle.
Et puis, comme l’appétit vient en mangeant, le locataire de la Maison-Blanche a sûrement d’autres pays dans son viseur. Qui sait ? Peut-être que la prochaine conquête du roi sera la République démocratique du Congo (Rdc) ? L’Iran ? L’Arabie saoudite ? C’est dire que, désormais, tout peut arriver dans ce monde mis en danger par un dirigeant qui semble s’autoriser tous les excès, ne s’offrant visiblement ni interdit ni limite, usant et abusant de sa force de frappe en tant que pays le plus puissant de la planète. Pourtant, rien de tout cela n’est véritablement surprenant. Des universitaires et plusieurs éditorialistes nous avaient avertis. Très tôt, ils ont alerté sur la menace que faisaient planer les ambitions de la nouvelle administration américaine avec à sa tête un Trump plus que jamais imprévisible, hégémonique et impérialiste.
Tout commence quand Trump, fraîchement élu, s’est mis brutalement à s’attaquer à la presse. Ces observateurs avertis ont vite compris que cela n’annonçait rien de bon pour l’avenir du monde et de la démocratie. On se souvient tous des attaques frontales contre des journalistes d’Ap (Associated press), de Reuters ou encore de Bloomberg.
Dès 2016, pendant ses meetings de campagne, Donald Trump pointait du doigt les journalistes en les désignant à la vindicte de l’assistance au cri de « fake news ! » (Fausses informations ou « infox »). Au lendemain des élections de mi-mandat de novembre 2018, il a fait retirer l’accréditation à la salle de presse de la Maison-Blanche à un journaliste de Cnn, au prétexte que ce dernier aurait physiquement repoussé la stagiaire qui tentait de lui reprendre son micro.
En février 2019, à la suite de la publication d’un reportage du New York Times sur les tentatives du Président d’influencer les personnes chargées des différentes enquêtes le concernant, Donald Trump a qualifié, sur Twitter, le journal de « véritable ennemi du peuple ». Sans oublier les nombreuses menaces proférées contre les journalistes depuis janvier 2025, marquant son come-back à la Maison-Blanche. Oui, on a vu le républicain venir. En réalité, Trump n’a fait que faire sienne la vieille recette de tous les apprentis dictateurs : s’attaquer d’abord à la presse, ensuite la décrédibiliser, pour enfin manipuler les masses populaires. Le but ultime étant bien connu : dérouler et imposer sa vision en bafouant les règles les plus élémentaires de l’État de droit et de la démocratie.
« Arrêtez-le maintenant, sinon ce sera trop tard. Quand il finira de discréditer ces grossistes de l’information, ce sera au tour des autres titres, avec toutes les conséquences que cela aura sur la démocratie et la liberté de la presse », alertait Roger Cohen, journaliste au New York Times. Dans sa virulente chronique, Roger accusait Trump de pervertir la véritable Amérique. C’était en 2017. Entre-temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Plusieurs pays ont été agressés. Le dernier en date est le Venezuela. Chaque intervention s’accompagnant de son lot de morts et de blessés. Mais, manifestement, le puissant Trump n’en a cure.
Mercredi dernier, dans une déclaration solennelle à la Maison-Blanche, il s’est, une nouvelle fois, montré inflexible : « J’ai demandé au Pentagone de commencer à tester nos propres armes nucléaires sur un pied d’égalité. Ce processus débute immédiatement », a-t-il déclaré, faisant allusion à la Russie et, peut-être, à la Chine. Une logique belliciste qui continue. Preuve qu’on joue réellement avec l’avenir du monde.
abdoulaye.diallo@lesoleil.sn

