Unesco qualifications passport for refugees and vulnerable migrants ou Uqp. Peu de gens en savent sur ce programme si important de l’Unesco qui permet un accès des migrants ou déplacés à l’éducation. Des migrants qui, pour échapper aux crises, massacres et assassinats, aux impacts climatiques, n’ont pas le temps de partir avec leurs diplômes attestant de leurs acquis scolaires ou universitaires.
L’Uqp vise donc à faciliter leur intégration éducative et professionnelle. D’une validité de cinq ans, l’Uqp qui cherche à assurer l’inclusion des réfugiés dans les systèmes éducatifs nationaux est certifié par les autorités qualifiées des pays d’accueil. Plusieurs pays ont expérimenté ce mécanisme qui permet de rendre l’enseignement supérieur accessible pour les personnes en situation de vulnérabilité, de déplacement et de migration. En Afrique de l’Ouest, seul le Togo s’est lancé dans l’expérience, une première même en Afrique de l’Ouest. En effet, ce pays avait pris l’engagement, en 2023, à Genève, au cours du Forum mondial sur les réfugiés, lequel se tient tous les quatre ans (Cf. Reportage Africa 24 du 27 novembre 2025).
Or, faudrait-il le rappeler, notre région compte des millions de déplacés et de migrants du fait de l’insécurité imposée par le djihadisme, les conflits communautaires, les crises politiques… Le Togo compte, à lui seul, plus de 32 700 réfugiés et demandeurs d’asile de 27 nationalités d’Afrique et d’ailleurs dont il s’était engagé à améliorer leurs conditions de vie, notamment par leur intégration et leur accès à l’éducation. (Cf. Africa 24).
Cette initiative novatrice de l’Unesco, qui répond à un besoin réel et mondial, a été expérimentée pour la première fois sur le continent par la Zambie depuis son lancement en 2023. Puis, de nombreux pays africains arrivent à aider les réfugiés à travers ce programme. C’est le cas du Kenya, de l’Ouganda, du Zimbabwe, du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo (Rdc). Toutes ces contrées, on le sait, sont soit des pays de départ ou d’accueil. Ce programme est donc une aubaine qui doit être mise en œuvre sur tout le continent où la situation des réfugiés est inquiétante. En effet, d’après les statistiques 2025 du Haut-commissariat aux réfugiés (Hcr), le total de personnes déplacées de force (réfugiés, demandeurs d’asile, déplacés internes) a atteint un niveau record de 12,7 millions en juin 2025. Cela, uniquement en Afrique de l’Ouest et centrale.
Quant aux réfugiés et demandeurs d’asile, ils sont au nombre de 2,9 millions, les déplacés internes (Pdi), 8,2 millions. Ainsi, affirme le Hcr, le nombre total de personnes a augmenté de 48 % depuis 2020.
Pour un pays comme le Burkina Faso, fait noter le Hcr, « environ 3 millions de Pdi ont été recensés à cause de la violence djihadiste contrôlant 60 % du territoire ». Et dans le Sahel, « près de 6 millions de déplacés ont été recensés en 2024 », dixit le Hcr. La situation n’est pas des meilleures au Tchad qualifié d’ « épicentre majeur pour les réfugiés » et de « préoccupante » au Nigeria par le Hcr. Au Sénégal, poursuit le Hcr, entre 2024 et 2025, « plus de 13 000 réfugiés ont été recensés avec 476 naturalisés et plus de 5900 ayant reçu des documents administratifs ».
Autant dire que la généralisation de ce passeport sur le continent, où la question de l’éducation pour tous doit être une surpriorité, est un impératif. C’est d’abord une question de droits de l’Homme, ensuite celle de justice sociale. Mais, surtout parce que l’éducation est un droit fondamental pour tous. L’appliquer, c’est refuser de voir des millions d’Africains sans connaissances et sans qualifications, et donc, sans emploi.
daouda.mane@lesoleil.sn

