La vie dans les îles de la partie africaine de l’Océan Indien n’est pas de tout repos. Que ce soient les Comores, Madagascar, Mayotte ou les Seychelles, il ne se passe pas une année où ces territoires coincés entre la mer et l’Est et Sud de l’Afrique ne soient pas sous les vagues des contestations ou que les digues cèdent sous les assauts des intempéries. Les récents bruits de botte à Madagascar précédés de manifestations avec en toile de fond les mécontentements des masses populaires, ont fait retourné ce pays à son histoire récente ponctuée de périodes d’instabilité institutionnelle. Depuis les années 70, ce pays est sujet à des crises elliptiques et chroniques qui ont accompagné sa trajectoire politique et historique jusqu’à la plus récente d’octobre 2025. La résolution de l’une de ses crises politiques sur fond de rivalité personnelle s’était même faite à Dakar, en 2002, sous les auspices d’une médiation sénégalaise menée par le président Abdoulaye Wade. Ce dernier avait ainsi invité les présidents Didier Ratsiraka et Marc Ravalonana à Dakar pour négocier une solution d’une sortie de crise face à un blocage constitutionnel qui avait paralysé Madagascar pendant de longs mois.
Ces instabilités politiques en succession et répressions meurtrières n’ont pas épargné cette grande île de l’Océan qui malgré son dynamisme porté l’économie bleue, l’agriculture et le tourisme avec sa biodiversité, reste parmi les pays les plus pauvre d’Afrique. De même son voisin, l’Union des Comores, elle aussi ne manque pas de connaitre de fréquentes et récurrentes secousses comme en janvier 2024, à la suite de la réélection Azali Assoumi. Au-delà des tensions politiques et sociales, les îles de l’océan Indien ne sont pas épargnées par les rigueurs des changements climatiques avec la fureur des ouragans et autres tempêtes tropicales qui à chaque année laissent un lot de désolations dans des zones comme Mayotte. Comme beaucoup de départements d’outre-mer ou territoires d’outre-mer (Dom-Tom), l’archipel des Mayotte, en plus des dégâts que causent à chaque fois les intempéries, subit aussi la disparité économique avec la métropole et aussi les furies des vagues migratoires. Le président français Emmanuel Macron, lors de son déplacement à Mayotte, en avril dernier, a pu constater qu’au-delà des affres que les cyclones ont fait à ce territoire et il y a aussi des balafres de la pauvreté avec la présence en permanence de bidonvilles et autres habitations de fortune qui ne peuvent pas résister à la furie des menaces climatiques. Aujourd’hui, dans cette zone africaine de l’Océan Indien, il y a que l’île Maurice ou les Seychelles qui arrivent à se construire sans contestations politiques ou digues de protestations économiques. Cette zone de l’Océan Indien est dans des dynamiques conflictuelles et structurelles qui appellent à plus de responsabilité et de solidarité des organisations régionales dont ces pays font partie comme la Communauté d’Afrique de l’Est (Eac) ou la Communauté économique de l’Afrique australe (Sadc). Il faut aussi que la France, ancienne puissance coloniale et qui a aussi des excroissances territoriales dans cette partie comprise entre la mer et l’Afrique australe et orientale, essaie de solder les questions mémorielles ou encore sectorielles par plus de prises en charge des questions économiques et politiques…
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