Une électricité suffisante à faible coût, c’est le rêve des consommateurs. Pour les gouvernants, à ce défi, s’ajoute celui de la protection de l’environnement. On parle alors d’énergie propre. Un dilemme.
Pour le Sénégal, pays qui a découvert d’importantes réserves de gaz, l’option privilégiée est le gas to power. En effet, avec le projet Grand Tortue Ahmeyim (Gta), situé à la frontière avec la Mauritanie, le pays devrait produire environ 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Une aubaine.
Mais en quoi consiste le concept de gas to power ? Il s’agit de la transformation du gaz en électricité par la conversion progressive des centrales au gaz. Autrement dit, la stratégie nationale appelée « Gas to Power » (gaz à l’électricité) vise à utiliser le gaz naturel comme principal levier pour produire une énergie plus accessible, plus propre et plus compétitive, au bénéfice de l’ensemble des populations.
C’est dans ce sens que, depuis le mois d’avril, la première centrale fonctionnant au gaz a été lancée. Elle a permis de réaliser des économies substantielles. À terme, cette stratégie permettra au Sénégal de renforcer la sécurité d’approvisionnement de la Senelec, jusqu’ici très dépendante des importations de combustibles fossiles.
Pourquoi cette ruée vers le gaz ? Le gaz est, en effet, l’énergie fossile qui pollue le moins. Il ne nécessite aucun processus de transformation impliquant des émissions polluantes importantes.
Mais comment quitte-t-il la réserve pour arriver aux installations de la Senelec ? Le transfert se fait en souterrain grâce à une infrastructure appelée gazoduc. Il s’agit d’un ouvrage long d’environ 400 kilomètres.
C’est une canalisation en acier servant à transporter le gaz sous pression sur de longues distances, des zones d’extraction aux zones de consommation. Elle peut être construite et enfouie dans le sol, sous l’eau ou installée à l’air libre.
L’installation de cette infrastructure est confiée au Réseau gazier du Sénégal (Rgs), une entreprise détenue par le Fonsis, la Senelec et Petrosen. Le projet va coûter plus de 650 milliards de FCfa.
Il va interconnecter les champs gaziers de Gta, Sangomar et Yakaar Teranga aux centrales de Mboro, du Cap des Biches et d’autres sites.
Ainsi, le Sénégal ambitionne de devenir un producteur-exportateur de gaz naturel liquéfié (Gnl), grâce à une série de projets en cours de développement. L’objectif est d’orienter une part importante de la production de gaz naturel vers le marché intérieur, afin de relever le défi de l’accès universel à l’électricité d’ici à 2030.
Le « Gas to Power » permettra ainsi au Sénégal de réduire ses émissions de gaz à effet de serre, de substituer le fioul lourd par le gaz naturel et de se rapprocher d’un mix énergétique plus propre et plus durable.
oumar.fedior@lesoleil.sn

