C’est un secret de Polichinelle, nos routes et nos ruelles sont en mauvais état au Sénégal. Il suffit de faire un tour dans nos quartiers pour faire le constat. Il y a partout des nids de poule ou parfois des trous béants qui datent de Mathusalem. Des années durant, piétons et automobiles empruntent ces chemins en subissant les mêmes désagréments, à savoir panne, inconfort et parfois même des accidents peuvent se produire. Il arrive toutefois que certains jeunes fouettés par leur orgueil prennent des pelles et des coups de marteau pour essayer de colmater ces brèches.
Quoique salutaires, ces actions citoyennes ne peuvent jamais changer les choses. Finalement, tout le monde semble se résigner à cette situation pitoyable. Quand l’hivernage arrive, certains quartiers sont invivables. Ça dégouline, ça pue. Là où il y avait un trou s’installe une mare fétide et nauséabonde. Les conducteurs qui craignent pour leur engin sont obligés de faire des détours ou de créer des voies nouvelles à l’intérieur des quartiers pour pouvoir passer. Bref, c’est toujours la grande galère. Seulement, depuis quelque temps, certaines collectivités territoriales du pays construisent des routes en pavés dans le but de panser ces plaies béantes qui défigurent nos quartiers. Le pavage est devenu une nouvelle trouvaille pour colmater les brèches et soulager les populations. Ces nouvelles routes baptisées « Tally carreaux » changent radicalement la physionomie de nos quartiers et de nos villes. Car, elles favorisent l’installation de nouveaux commerces à savoir boutiques, restaurants et boulangeries etc.
Avec ces nouvelles rues, la mobilité des citoyens devient facile et fluide. C’est dire que la route est un ferment pour développer l’économie locale.Aujourd’hui, dans la plupart des budgets votés dans nos communes, le pavage de quelques routes figure en bonne place. Lors de son passage à la Ville de Dakar, l’ancien maire Khalifa Sall avait initié un important programme de pavage des routes stratégiques. Ledit programme avait changé radicalement le visage de la capitale sénégalaise. Depuis lors, l’idée a fait tache d’huile dans d’autres communes sénégalaises. Récemment, lors de son passage à Genève, au 6e Forum des maires des Nations Unies, Alioune Pouye, le maire de Sébikotane a démontré l’importance du pavage pour sa Municipalité.
« Nous avons obtenu des résultats importants parce que le fait d’avoir revêtu les rues en pavés a facilité le déplacement des personnes à mobilité réduite qui, auparavant, ne pouvaient pas se déplacer sur le sable. Aujourd’hui, elles peuvent se déplacer avec leurs chaises roulantes sur les rues en pavés », a dit l’édile de Sébikotane. D’ailleurs, sur les dix-huit quartiers que compte cette commune, les huit sont maintenant en pavé. Également, des programmes de l’État tels que le Promovilles ont intégré le pavage dans la liste des réalisations à faire pour les communes bénéficiaires. C’est dire que nos élus sont résolument engagés à remplacer les trous béants et les mares par les pavés. En jetant les pavés dans la mare, nos élus entendent mettre fin aux désagréments causés par le mauvais état de nos routes et offrir de meilleures conditions de vie aux populations.
maguette.ndong@lesoleil.sn


