Nous vivons à une époque marquée par des bouleversements économiques, environnementaux et sécuritaires sans précédent. Ces défis appellent des réponses collectives, concertées et inclusives, fondées sur la justice, l’équité et la solidarité. Or, les structures actuelles de gouvernance internationale montrent leurs limites. D’où la nécessité d’aller vers une réforme de la gouvernance mondiale.
Et c’est en ce sens qu’il nous appartient, à nous peuples du Sud global, à la Chine, à l’Afrique et à nos partenaires, de contribuer à la refondation d’un multilatéralisme plus équitable, qui reconnaît pleinement la diversité des voix et des trajectoires de développement.
La réforme de la gouvernance mondiale doit permettre à chaque région, à chaque civilisation, de participer à la définition des règles qui fondent notre avenir commun. En cela, la coopération sino-africaine incarne une voie nouvelle, celle d’un partenariat fondé sur le respect mutuel, la solidarité et le bénéfice partagé.
Car, depuis plusieurs décennies, la Chine et l’Afrique partagent une même ambition : bâtir un ordre mondial plus juste, plus inclusif et plus humain.
À travers le Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FOCAC), l’initiative de la Ceinture et la Route (BRI), ou encore l’Agenda 2063 de l’Union africaine, les deux parties œuvrent pour donner au Sud global une voix forte et crédible dans les instances internationales.
Cette coopération dépasse largement le cadre économique. Elle repose également sur un dialogue des cultures et des civilisations, démontrant qu’aucune culture n’est supérieure à une autre. Ainsi, la Chine et l’Afrique prouvent qu’il est possible de coexister dans le respect et l’apprentissage mutuel, dans une logique d’échanges et de co-construction.
Aujourd’hui, face aux défis de notre temps, cette alliance devient un levier de développement, d’inclusion et d’autonomie, contribuant à la transformation structurelle du continent africain et au renforcement de la solidarité Sud-Sud. Ensemble, la Chine et l’Afrique offrent au monde un modèle de coopération fondé sur la confiance, l’équité et la paix.
La modernisation à la chinoise : un levier incontournable
Il est clair que la réussite de la Chine dans sa marche vers la modernisation constitue une source d’inspiration majeure pour les pays du Sud en particulier et pour le reste du monde, globalement. Son modèle de développement pacifique, axé sur la prospérité partagée, prouve qu’il est possible de conjuguer croissance économique, justice sociale et durabilité environnementale.
Car, axée sur le développement commun et pacifique, la modernisation à la chinoise reste le soubassement d’une prospérité « commune pour tous ». Elle offre au monde, plus particulièrement aux pays émergents, un exemple de réussite à suivre pour un développement juste et équitable au bénéfice de leurs peuples respectifs.
En clair, grâce à son modèle de développement, la Chine est parvenue, au cours des dernières décennies, à faire des réalisations spectaculaires dans de nombreux et variés domaines.
Ses politiques d’éradication de la pauvreté, de promotion de l’écologie, de la santé, de l’éducation, de la culture, des infrastructures, du développement technologique… ont permis des avancées notoires dans le pays. Et les diverses et profondes performances notées cette dernière décennie avec la Chine sont une preuve évidente de la montée en puissance économique du pays et de son essor infrastructurel, agricole et technologique fulgurant.
La gouvernance à la chinoise doit alors inspirer tout pays, en particulier les pays du Sud global.
D’autant plus qu’au niveau mondial, la contribution de la Chine à la réduction de la pauvreté depuis l’ouverture du pays au reste du monde est évaluée à plus de 70 %. La Chine participe aujourd’hui à plus de 30 % de la croissance économique mondiale.
Elle a aussi su construire aujourd’hui le plus grand système de sécurité sociale au monde. Car l’assurance maladie de base couvre désormais plus de 1,3 milliard de personnes et l’assurance vieillesse de base couvre, elle, plus d’un milliard de personnes. Sans compter que l’économie numérique de la Chine se classe au deuxième rang mondial, selon un rapport sur le développement numérique de la Chine publié récemment par l’Administration du cyberespace de Chine.
Évoquer ces chiffres parmi tant d’autres et offrir la Chine en exemple est une approche justifiée. Elle n’est pas exagérée.
L’engagement de la Chine pour la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde est sans équivoque.
La Chine milite aussi à l’échelle mondiale pour un partenariat multilatéral, inclusif, gage d’un partage de la prospérité.
Ses différentes initiatives allant dans ce sens se matérialisent par la mise en œuvre de nombreux mécanismes de coopération denses et variés. Nous pouvons retenir entre autres « l’Initiative mondiale pour la paix », « l’Initiative mondiale pour la sécurité », mais aussi le FOCAC, le BRI, entre autres, et qui ont aujourd’hui permis plus d’inclusion, de justice sociale et de connectivité exemplaire dans le monde par la réalisation d’infrastructures diverses et porteuses de croissance pour les pays qui y ont adhéré.
Quid de ses initiatives culturelles, d’échanges médiatiques multiples, du développement technologique, avec la conquête de l’espace.
Les résultats engrangés par la Chine sont alors éloquents. Et ses performances traduisent une vision et une politique de développement au service exclusif du peuple.
C’est pourquoi la modernisation à la chinoise doit inspirer l’ensemble des nations du Sud et du monde en général, dans leur quête d’autonomie et de prospérité. Elle rappelle qu’un autre chemin est possible, fondé sur la coopération, la souveraineté et la solidarité internationale.
Rôle clé de la coopération sino-africaine et des BRICS
La coopération sino-africaine joue un rôle clé aussi dans la réforme de la gouvernance mondiale. Elle doit aller plus loin. Nous devons la consolider davantage dans les domaines économique, commercial, technologique, scientifique, agricole, sanitaire et environnemental. Mais aussi médiatique et culturel, afin de renforcer nos identités et combattre les stéréotypes.
La Chine et l’Afrique portent aujourd’hui une responsabilité historique : celle de réinventer la gouvernance mondiale. Ensemble, elles peuvent ouvrir la voie à un ordre international fondé sur le respect mutuel, la justice sociale et le développement partagé. C’est dans cette perspective que nous devons poursuivre notre engagement pour la paix, la stabilité et la prospérité.
Nous devons également intensifier notre engagement au sein des BRICS, qui représentent aujourd’hui près de 40 % de la population mondiale et 25 % du PIB mondial. Cette alliance illustre la montée en puissance du Sud global et son rôle déterminant dans la redéfinition des équilibres économiques et politiques mondiaux. Elle offre des alternatives à un financement international plus souple, plus compétitif, plus ouvert et plus équitable.
Ce nouvel élan Sud-Sud doit devenir le socle d’un monde plus uni, plus connecté et plus juste, où la coopération remplacera la domination, et où le dialogue primera sur l’exclusion.
Une gouvernance mondiale équitable est possible, et une coopération sino-africaine renforcée peut en être le moteur.
Par Amadou DIOP, journaliste et expert sur les questions chinoises


