A Ziguinchor, ONU Femmes entend transformer le rôle des femmes médiatrices en une véritable force d’influence pour consolider la paix et préparer l’avenir de la Casamance.
ZIGUINCHOR – En Casamance, elles sont souvent les premières à entendre les blessures, à rapprocher les communautés et à retisser les liens lorsque le tissu social se fragilise. Les femmes médiatrices veulent désormais franchir un nouveau cap : passer du rôle de sentinelles de la paix à celui d’actrices pleinement reconnues dans les décisions qui façonnent cette paix.
C’est tout le sens de la visite entamée lundi à Ziguinchor par le directeur régional d’ONU Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Maxime Houinato, en présence de la représentante-pays d’ONU Femmes Sénégal, Dr Arlette Mvondo. Pour son premier rendez-vous dans la capitale régionale du Sud, le responsable onusien a choisi de rencontrer les femmes médiatrices de la Casamance et la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (Pfpc).
« Cette visite porte une ambition claire : amplifier la voix des femmes dans la consolidation de la paix. En Casamance, elles contribuent depuis des décennies au dialogue, à la médiation et à la cohésion sociale. Mais contribuer à la paix ne suffit pas. Elles doivent également pouvoir peser sur les décisions qui permettent de la consolider et de la rendre durable », a déclaré Dr Maxime Houinato.
Face aux défis persistants, les échanges ont porté sur les avancées enregistrées dans le processus de paix, mais également sur les obstacles qui demeurent, notamment le retour des populations dans certains villages et le renforcement de la participation des femmes à la gouvernance territoriale.
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Pour Ndèye Marie Diédhiou Thiam, présidente de la PFPC, cette rencontre constitue un moment important pour les femmes engagées dans la médiation.
« Cette rencontre avec les femmes du Cercle des médiatrices de la Casamance a été un véritable moment de partage et d’échange. Nous avons discuté du processus de paix en Casamance et du rôle que nous continuons à jouer grâce à l’accompagnement d’ONU Femmes. Beaucoup reste encore à faire, particulièrement pour favoriser le retour des populations dans certains villages », a-t-elle expliqué.
Au-delà des frontières sénégalaises, le combat s’inscrit dans une dynamique sous-régionale. Le Cercle des médiatrices de la Casamance regroupe plusieurs organisations féminines du Sénégal, de la Gambie et de la Guinée-Bissau.
« Le Cercle des médiatrices réunit des organisations de femmes des trois pays. Nous y analysons ensemble les défis liés à la paix, mais aussi ceux relatifs à la cohésion sociale. Ce sont des questions essentielles aujourd’hui, parce que la stabilité de nos communautés dépend aussi de notre capacité à travailler ensemble », a fait savoir Ndèye Marie Diédhiou Thiam.
À Ziguinchor, le message est donc clair. Les femmes ne veulent plus être celles qui réparent les fractures laissées par les crises. Elles veulent être autour de la table lorsque se décident les solutions. Et pour ONU Femmes, leur donner cette place pourrait être l’un des leviers essentiels pour inscrire la paix en Casamance dans la durée.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


