L’histoire tient en quelques lignes, rapportées par le quotidien L’Observateur. Un cadre de l’APROSI est accusé d’avoir fabriqué de toutes pièces de faux certificats médicaux avec ChatGPT, pour tromper sa direction et masquer des manquements professionnels. L’agence a découvert le pot aux roses et saisi la Section de recherches de Colobane. L’enquête dira ce qu’il en est, et la présomption d’innocence vaut pour lui comme pour tout le monde. Mais cette affaire pose une question qui nous concerne tous.
Hier, pour obtenir un faux certificat médical, il fallait un complice, un médecin véreux et un faussaire habile. Il fallait du temps, de l’argent et des risques à prendre. Bref, tout un dispositif huilé et rompu à la tâche.
Aujourd’hui, il suffit juste d’un téléphone, d’une connexion internet et le tour est joué en quelques secondes. Frauder ne coûte presque rien. « C’est une dinguerie » pour parler comme les jeunes.
Certificat médical, attestation, facture , diplôme, justificatif d’absence : l’IA peut produire des documents d’un réalisme bluffant. Signature, cachet, en-tête : ce qui demandait autrefois la main d’un faussaire est devenu un jeu d’enfant que l’on peut à partir de quelques prompts. Certes, certaines IA refusent encore de toucher aux pièces sensibles. Mais d’autres sont nettement moins regardantes.
Rien de nouveau sous le soleil, diront certains. Depuis la nuit des temps, les fraudeurs s’emparent de chaque technologie nouvelle : la photocopieuse, le scanner, Photoshop. C’est vrai. Mais cette fois, la différence est de taille : l’outil est à portée de main de tous, sans aucun savoir-faire. Et cela ne coûte presque rien. Personne n’est à l’abri.
Et malheureusement nos administrations se modernisent à pas de tortue. Beaucoup en sont encore au papier tamponné, à la photocopie « certifiée conforme » et au cachet qu’on examine à l’œil nu. Un système pensé pour une époque où falsifier était difficile. Face à l’IA, il devient une passoire. Le fraudeur dribble, et la vieille défense regarde passer le ballon.
La solution n’est pas d’interdire l’IA. Elle est de moderniser : documents numériques vérifiables par QR code, échanges directs entre structures de santé et employeurs, signature électronique, agents formés à repérer les faux. Ce n’est pas un luxe. C’est une urgence.
Dans cette affaire, la supercherie a été démasquée. Tant mieux. Mais combien d’autres passent entre les mailles du filet sans que personne ne s’en aperçoive ? Quand frauder devient un jeu d’enfant, il est temps que nos administrations se mettent à jour.
Ps : cette chronique a été corrigée par une IA


