La pensée de Mao Zedong se révèle à la croisée du local et du révolutionnaire. À travers une analyse éclairante, le professeur Meiling Li met en lumière les fondements intellectuels et sociaux d’une doctrine appelée à marquer durablement l’histoire du Parti communiste chinois et de la Chine contemporaine.
Dans le cadre d’une session de formation organisée à l’académie de leadership de la province du Hunan, le mardi 14 avril 2026, le professeur Meiling Li, membre de l’École du parti du Comité provincial du Parti communiste chinois (Pcc), a proposé une lecture approfondie des origines de la pensée de Mao Zedong. Face à une vingtaine d’officiels africains, Mme Li a fait une intervention qui met en lumière les racines sociales, culturelles et politiques d’une doctrine appelée à marquer durablement l’histoire de la Chine. Meiling Li a surtout insisté sur le rôle décisif de la culture hunanaise dans la formation intellectuelle de Mao Zedong. Selon elle, celle-ci valorise une approche pragmatique fondée sur la « recherche de la vérité à partir des faits ».
Un principe qui deviendra central dans la pensée maoïste. La pensée de Mao Zedong apparaît ainsi, selon Meiling Li, comme le produit d’un ancrage local fort autant que d’une ambition révolutionnaire globale. Cette tradition encourage également l’engagement politique et l’expérimentation en ancrant la réflexion dans la réalité du terrain. L’universitaire a surtout inscrit l’émergence de cette pensée dans un contexte de crise profonde. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la Chine est confrontée à des bouleversements majeurs avec une pauvreté endémique et une instabilité politique. Dans les campagnes du Hunan, la province où Mao Zedong a vu le jour, ces difficultés prennent un visage particulièrement rude. Les conditions de vie y sont précaires, marquées par la faim, l’absence de ressources et une grande vulnérabilité sociale. Pour la conférencière, ces témoignages culturels sont essentiels, car ils traduisent une conscience collective en gestation, nourrie par l’injustice et les inégalités. C’est précisément cette démarche empirique qui se manifeste dans un texte clé publié en 1927 et intitulé « Enquête sur le mouvement paysan du Hunan ».
Elle souligne également que cette période marque la structuration progressive d’une pensée politique cohérente. Elle repose sur quelques principes fondamentaux dont le rôle des masses populaires, la nécessité d’une organisation politique disciplinée et, surtout, l’idée que le pouvoir politique se conquiert par la lutte.
Meiling Li, dans sa présentation, a rappelé l’importance des échanges intellectuels dans cette phase de maturation idéologique. La correspondance entre Mao et des figures révolutionnaires comme Cai Hesen témoigne d’une effervescence politique où se dessinent les contours du futur Parti communiste chinois (Pcc). Dès le début des années 1920, Mao occupe d’ailleurs des responsabilités croissantes au sein de ce parti dans le Hunan, confirmant son rôle émergent.
Par Aliou Ngamby NDIAYE (De retour de Chine)


