Revoilà Omg. Après son premier projet solo « Zik de Fam » sorti en 2017, la chanteuse Oumy Guèye vient d’offrir aux mélomanes son nouvel Ep de sept titres « Fleur d’Hibiscus », distribué par le label Warner Music Africa Fr. Dans cette interview, l’artiste rappeuse de 34 ans, originaire de Rufisque, confie explorer le chant, les mélodies et différents styles de musique. Comme dans cet Ep, où elle « veut simplement raconter des histoires avec sincérité ».
Vous venez de sortir un Ep intitulé « Fleur d’Hibiscus », distribué par Warner Music Africa Fr. Parlez-nous de cette nouveauté musicale et de cette collaboration.
« Fleur d’Hibiscus » est un projet très personnel. L’hibiscus est une fleur qui représente la beauté, mais aussi la force et la résilience. À travers cet Ep, j’avais envie de raconter différentes facettes de l’amour, de la femme, de la vulnérabilité, mais aussi de l’espoir. C’est un projet qui mélange plusieurs influences musicales, tout en restant profondément ancré dans mon identité sénégalaise. La collaboration avec Warner Music Africa Fr est une très belle étape. Elle permet à cette musique de voyager encore plus loin et de toucher un public international. Je suis très reconnaissante de cette confiance, tout en restant fidèle à ma vision artistique et en continuant de travailler avec mon label Dd Records.
Justement, peut-on en savoir davantage sur votre tournée internationale ?
On a entamé la tournée depuis début juin. Nous allons tourner pour une durée de trois mois dans plusieurs pays d’Europe, en Italie, Allemagne, Suisse, Suède, France et le Royaume-Uni. J’ai la chance de me présenter sur plusieurs scènes internationales, sur de grands festivals européens, notamment à Londres pour le lancement de mon nouvel Ep. C’est toujours émouvant de voir des personnes de différentes cultures chanter des morceaux inspirés de mon histoire et de mes racines.
La tournée est une occasion de représenter le Sénégal, de partager notre culture et de créer des ponts entre les publics. Chaque concert me rappelle que la musique n’a pas de frontières. Et je suis très heureuse que cette aventure continue avec la sortie du clip « Motto », qui accompagne l’Ep.
Oumy Guèye « Omg » est-elle une artiste rappeuse ou chanteuse ?
Je préfère dire que je suis une artiste. J’ai commencé ma carrière professionnelle par le rap parce que c’était le moyen le plus direct d’exprimer ce que je ressentais. Mais, au fil du temps, j’ai exploré le chant, les mélodies et différents styles. Aujourd’hui, je refuse de me mettre dans une seule case. Je veux simplement raconter des histoires avec sincérité, peu importe le style musical.
Comment êtes-vous venue dans la musique ?
La musique a toujours fait partie de ma vie. Très jeune, je commençais déjà à chanter et à écrire des textes pour exprimer mes émotions.
Petit à petit, cette passion est devenue une vocation. J’ai compris que la musique pouvait être un moyen de transmettre des messages, de raconter des histoires et de créer des émotions. C’est ce qui me motive encore aujourd’hui.
Votre univers musical est très varié. Au-delà du rap, vous excellez dans d’autres registres. Avez-vous appris à bien chanter ?
Je peux dire que ma passion s’est révélée à travers le chant. Toute petite, je commençais déjà à chanter. Je reprenais naturellement toutes les chansons que j’aimais et cela m’a permis de travailler ma voix. La voix est un instrument qui se travaille chaque jour. J’ai beaucoup écouté différents artistes, j’ai travaillé ma technique et surtout j’ai appris à trouver ma propre voix.
Je cherche avant tout à transmettre une émotion. Si une chanson demande de rapper, je rappe. Si elle demande de chanter avec douceur, je le fais naturellement.
Écrivez-vous vous-même vos textes ou êtes-vous aidée par quelqu’un ?
J’écris la grande majorité de mes textes. C’est très important pour moi parce que mes chansons racontent souvent des expériences personnelles ou des sujets qui me tiennent à cœur. Bien sûr, la musique est un travail d’équipe. Il peut arriver que je travaille avec des auteurs, des compositeurs, des arrangeurs ou des producteurs qui apportent leur sensibilité. Mais l’idée, les mots et l’émotion viennent d’abord de moi.
En 2017, vous étiez parmi les dix finalistes du Prix Découvertes Rfi. Cette performance est-elle un repère dans votre carrière ?
Oui, sans aucun doute. Être finaliste du Prix Découvertes Rfi a été un moment très important. Cela m’a donné de la visibilité et surtout beaucoup de confiance. Cette expérience m’a montré que mon travail pouvait être reconnu au-delà du Sénégal. Elle m’a aussi encouragée à continuer à travailler avec encore plus d’exigence.
À côté de votre entrée dans la musique, vous avez tenu à boucler vos études…
Oui, parce que je pense que l’éducation est une richesse que personne ne peut nous enlever. Pour moi, il était important d’avoir une formation solide en parallèle de ma carrière artistique. Les études m’ont appris la discipline, la rigueur et l’organisation. Aujourd’hui encore, elles m’aident énormément dans la gestion de mes projets.
Vous vous dites féministe. Croyez-vous que les femmes doivent davantage croire en leurs potentialités ?
Bien sûr, je considère que le féminisme, c’est avant tout croire que les femmes méritent les mêmes opportunités pour réaliser leurs rêves et exprimer pleinement leur talent. J’encourage toutes les femmes à croire en elles, à ne pas laisser les limites imposées par la société définir ce qu’elles peuvent accomplir. Quand une femme ose, elle ouvre souvent la voie à beaucoup d’autres.
C’est quoi, selon vous, une femme sénégalaise moderne ?
Une femme sénégalaise moderne est une femme qui reste fidèle à ses valeurs tout en étant libre de construire son propre chemin. Elle peut être entrepreneure, artiste, scientifique, mère, étudiante ou tout cela à la fois. Elle assume ses ambitions, participe au développement de son pays et inspire les générations futures. Pour moi, la modernité ne consiste pas à renoncer à son identité, mais à évoluer avec son époque tout en restant profondément attachée à ses racines.
Propos recueillis par Omar DIOUF

