Réalisateur, producteur et directeur artistique, Papis Niang a consacré plusieurs années à la création audiovisuelle et à l’accompagnement des artistes sénégalais. Avec des projets comme Ceebu Jën, l’art de Penda Mbaye et DÉLLU SAARABA, il entend aujourd’hui faire du patrimoine un levier de transmission culturelle et de rayonnement international.
Faire connaître la culture sénégalaise au-delà des frontières, tout en préservant la mémoire qui la fonde. C’est le fil conducteur du parcours de Papis Niang, professionnel de l’audiovisuel et de la production artistique, qui cherche désormais à donner une dimension internationale à son engagement culturel.
Réalisateur, producteur, concepteur et directeur artistique, il a développé son activité à travers Art Bi Manageman, une structure qu’il a fondée en 2003 et officialisée en 2009, selon les informations présentées dans son parcours professionnel. Au fil des années, ses activités ont couvert la réalisation de clips vidéo, la production de films et de fictions télévisuelles, le management d’artistes ainsi que la conception de spectacles.
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Dans un paysage musical en constante évolution, Papis Niang a collaboré avec plusieurs artistes sénégalais de différentes générations. Son expérience de la direction artistique l’a notamment conduit à participer à la conception de productions scéniques associées à des artistes comme Pape Diouf et Wally Seck. Un travail qui mobilise la mise en scène, la scénographie et l’identité visuelle pour donner une cohérence aux projets artistiques.
De la fiction télévisuelle au documentaire patrimonial
L’audiovisuel constitue l’un des premiers terrains d’expression de Papis Niang. Avec des productions comme Bégué Time, il s’inscrit dans une dynamique de renouvellement des formats télévisuels sénégalais. Son ambition ne se limite pas au divertissement : l’image devient également un moyen de raconter la société, ses évolutions et ses réalités.
Cette démarche se prolonge dans son intérêt pour la mémoire musicale. Le projet documentaire Des origines à nos jours : le Mbalakh quarante ans après s’inscrit ainsi dans une volonté de collecter et de valoriser les archives d’un genre musical profondément ancré dans l’identité culturelle sénégalaise.
Au-delà de la production, le professionnel s’intéresse également à la transmission des compétences. Les initiatives associées à Full Art Académie traduisent cette préoccupation pour l’accompagnement des nouvelles générations et la structuration des métiers artistiques. Un enjeu important pour une industrie culturelle qui a besoin de compétences dans la conception, la production, l’organisation et la promotion des œuvres.
Penda Mbaye, le ceebu jën et la mémoire d’un patrimoine
En août 2022, Papis Niang présente le documentaire Ceebu Jën, l’art de Penda Mbaye. D’une durée de 52 minutes, le film s’intéresse à l’histoire de Penda Mbaye et à la tradition culinaire associée au ceebu jën, plat emblématique du Sénégal inscrit en 2021 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
À travers cette œuvre, le réalisateur choisit la gastronomie comme porte d’entrée vers une histoire collective. Le documentaire ne s’arrête pas à la préparation d’un mets : il met en avant la mémoire, les traditions et la transmission qui entourent ce patrimoine.
Le projet prend ensuite une dimension culturelle et touristique, avec des présentations à l’étranger. En 2025, sa présentation au Parlement de Bruxelles illustre cette volonté de faire découvrir le patrimoine sénégalais dans de nouveaux espaces de dialogue international.
En 2023, Papis Niang est nommé ambassadeur de bonne volonté du tourisme sénégalais, selon les éléments communiqués sur son parcours. Cette distinction vient donner une dimension institutionnelle à son engagement dans la promotion du patrimoine culturel et culinaire.
DÉLLU SAARABA, une ambition internationale
Avec DÉLLU SAARABA, le Patrimoine Gala Paris, dont la troisième édition est annoncée pour 2026, Papis Niang entend élargir cette démarche à l’histoire et aux traditions sénégalaises dans leur ensemble.
Porté par Art Bi Manageman et ses partenaires, le projet entend rapprocher patrimoine, diaspora et création contemporaine. De l’Unesco aux animations culturelles prévues au pied de la tour Eiffel, l’initiative mise sur des espaces symboliques pour donner une visibilité internationale aux expressions culturelles sénégalaises.
Cette ambition se prolonge à travers SAARABA WORLD et le projet Returning to Saaraba, qui visent à renforcer les liens entre l’Afrique et sa diaspora autour des racines, de la mémoire et de la création. Le projet ËTTU SAARABA, présenté comme une fresque vivante consacrée à l’histoire du Sénégal, s’inscrit également dans cette perspective de transmission.
Derrière ces initiatives se dessine une conception de la culture qui dépasse la seule représentation artistique. Il s’agit aussi de faire vivre les récits historiques, de valoriser les traditions et de créer des passerelles entre les générations.
Préserver l’identité, accompagner la modernité
Le parcours de Papis Niang relie ainsi plusieurs univers : l’audiovisuel, la musique, la direction artistique, le documentaire et la promotion touristique. Ses projets témoignent d’un intérêt croissant pour la valorisation du patrimoine comme outil de transmission et de coopération culturelle.
L’enjeu reste toutefois celui de la pérennité. La concrétisation de telles ambitions suppose des moyens, des partenariats durables et une organisation capable d’accompagner les projets au-delà de leur présentation ponctuelle.
De ses premières réalisations audiovisuelles à ses initiatives patrimoniales, Papis Niang poursuit une même démarche : faire de la création un moyen de raconter le Sénégal et de transmettre son histoire. Avec Ceebu Jën, l’art de Penda Mbaye et DÉLLU SAARABA, il entend désormais inscrire cette démarche dans un dialogue plus large avec la diaspora et les publics internationaux.
« Le monde, on arrive avec du chez nous, avec fierté », résume la formule associée à son projet. Une manière d’affirmer que l’ouverture au monde peut aussi passer par une meilleure connaissance de ses propres racines.
A.N


